| Envoi N° 148 du 04/10/2007 Soyons positifs, que diable ! (5) Ouf ! Nous sommes sauvés ! L’homme « incontournable » dans le Grand Œuvre de la formation d’un Gouvernement fédéral pour un Etat brinquebalant, est revenu sur le devant de la scène politique, en grande vedette qu’il est. C’est fou ce qu’il y a de femmes et d’hommes, et d’événements et de lieux touristiques, « incontournables », ces derniers temps. Si l’on n’y prend garde, on risque de se taper dans le mur à chaque tournant, tant il faut faire gaffe à ne pas contourner. On fera avec, on en a vu d’autres. Autrefois, c’étaient des « irremplaçables », qu’on disait. Ils n’étaient pas encore dans la tombe qu’ils étaient remplacés vite fait bien fait. N’ergotons pas. Si Yves Leterme est proclamé incontournable on ne va pas essayer de passer à côté. On le prend tel qu’il est. En espérant qu’il chantera, un jour, « L’Internationale » à défaut du « Bia Bouquèt » ou du «Léyiz’m’plorér » et qu’il aura encore de ces savoureux commentaires éminemment amicaux et pleins d’humour subtil à l’égard des Wallons et des Francophones. Soyons positifs : la période trimestrielle de grande quiétude que nous venons de vivre, marquée par quelques semaines d’immense silence vanruympensien (cela n’a rien à voir avec néerdenthalien, même si c’est tout aussi imprononçable) va peut –être encore, espérons-le, durer quelques semaines. C’est tellement reposant d’entendre, de très loin, les invectives « institutionnelles » en sachant que ces dames et ces hommes, d’apparence prêts à se déchirer toutes griffes dehors, seront encore là le lendemain, sans une égratignure et pleins d’un dynamisme agréablement agressif. Comme au cirque. Alors voilà, amies et amis, puisqu’une nouvelle pause nous est offerte sous la houlette d’Yves Lagaffe, pardon, de Gaston Leterme, nous allons nous faire plaisir en publiant le message d’un des lecteurs assidus de nos « Réflexions ». Nous en apprécions toute la saine et souriante philosophie. Ce correspondant, en outre, est l’un des 70.000 habitants de la Communauté germanophone, qui enrichit la Région wallonne de sa culture, de son dynamisme économique et de son attachement aux valeurs démocratiques. « J’ai lu, comme toujours, vos réflexions intéressantes sur la situation politique actuelle en Belgique, notamment au niveau des relations belgo-belges. Et, tant que vous y êtes, vous pourriez peut-être continuer avec une cinquième suite concernant vos éventuelles idées sur l’avenir de la troisième Communauté de notre pays, à savoir les germanophones de Belgique, qui restent un peu sur la touche en ce moment. De toute façon, on ne s’en plaint pas chez nous. Toutefois, vos éventuelles idées sur notre avenir dans le futur paysage institutionnel m’intéresseraient beaucoup » Vous nous flattez, cher ami, en marquant de l’intérêt pour nos modestes prises de position et nos analyses embryonnaires. Et figurez-vous qu’à la faveur d’une rencontre de famille tout à fait impromptue, autour d’un Côte du Rhône, une Grisette aux fruits des bois, une Chimay bleue et un ou deux pèkets (qui n’était pas le Radermacher de Raeren et je le regrette), après une giclée d’éclats de rire provoqués par les hilarantes trouvailles de Pierre Croll dans« Le Soir », le plus jeune de la bande, un ado namurois pur et lent, comme il se doit, a posé la question : « Et les Germanophones, que deviennent-ils si la Belgique n’existe plus ? » La seule réponse, dans notre cas, était d’invoquer LE DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D’EUX-MEMES. Ce principe est fondamental, non négociable, absolu. Cela dit, comment réagiraient les citoyennes et citoyens germanophones de Wallonie en cas d’éclatement de la Belgique ? Car c’est ainsi qu’il faut poser le problème : ce n’est pas d’en haut, souverainement, que l’on décide de l’avenir des gens. C’est à eux de choisir, ou, alors, nous n’avons pas bien compris le sens du terme « démocratie ». Cela ne nous empêche pas de fantasmer. Il est possible, si scission il y a, que les cantons d’Eupen et de St Vith restent, benoîtement, institutionnellement wallons. Ils peuvent, aussi, proclamer leur indépendance, en tant qu’Etat. Cela peut paraître ridicule en raison de l’exiguïté du territoire mais nous invitons nos lecteurs à consulter la liste des Etats membres de l’ONU : ils trouveraient des exemples d’Etats indépendants de cette dimension. Le rattachement à l’Allemagne ? Pour avoir fréquenté, durant une assez longue période, l’Est de la Wallonie, nous ne pensons pas que cette option soit envisagée, même si elle procède d’une certaine logique. Mais il y a une autre possibilité de rattachement qui pourrait faire son chemin : avec le Grand-Duché de Luxembourg. Les liens interfrontaliers sont fort étroits, en tous cas pour des communes comme Burg Reuland et Oeren. Mais ce n’est pas à nous, à Tournai, à La Louvière, à Namur, à Libramont, ni même à Liège ou à Verviers, à décider du sort des gens d’Eupen et St Vith. Ce qu’il faut affirmer haut et clair, c’est que la Wallonie ne s’opposera jamais à la volonté de nos compatriotes germanophones, même si cette volonté est la séparation et même si notre plus profond désir soit qu’ils continuent à vivre, comme aujourd’hui, au sein de ce qui pourrait bien demain, devenir un Etat à part entière, dans lequel leur spécificité serait réaffirmée et consolidée. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 04/10/2007 @ 09:42
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:50
Catégorie : 2007
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