| Envoi N° 146 du 10/09/2007 Soyons positifs, que diable ! (3) Nous avons publié, tout récemment, un texte intitulé : « La Wallonie peut-elle vivre seule ?», que nous avait fait parvenir notre ami Jean Destrée. Celui-ci écrivait, notamment : « Le peuple flamand marche vers une autonomie plus large et sans doute, à plus ou moins long terme, vers l’indépendance, les Wallons n’ont pas encore pris conscience que la scission est inéluctable ». Eh bien, voilà précisément un point capital à propos duquel l’énorme bouffonnerie de ce qui devrait aboutir à la formation d’un gouvernement fédéral a eu un effet hautement salutaire. Certes, les Wallons et les Bruxellois, dans leur grande majorité, n’acceptent pas encore l’idée de la fin de la Belgique. Mais, cette fois, c’est désespérément qu’ils veulent continuer à agiter le drapeau aux 3 couleurs et à chanter la Brabançonne. Car, ces 3 derniers mois, les réalités politiques les ont forcés à retirer la tête hors du sable de l’aveuglement. Et il faut remercier nos amis flamands d’avoir démontré, en toute clarté et en toute sérénité, que l’Etat fédéraliste était déjà, pour eux, une notion largement dépassée. Les prises de position politiques de même que les 4 derniers sondages de l’opinion flamande, ont mis fin, par la même occasion, aux effets lénifiants, anesthésiants, d’un intense bourrage de crâne destiné à faire croire que le discours indépendantiste n’était le fait que d’une poignée de nationalistes forcenés et non du peuple flamand. Si, aujourd’hui, près d’1 Flamand sur 2 se déclare partisan de la scission du pays et si 2 sur 3 disent n’y être pas, éventuellement, opposés, il ne faut plus parler d’une « très petite minorité ». A ce propos, nous nous permettons, en toute humilité de rappeler que nous fûmes,depuis pas mal de temps et à maintes reprises, de ceux qui contestaient cette thèse rassurante. Au vu des résultats électoraux des scrutins successifs nous avons tout simplement additionné les voix flamandes s’étant portées sur le Vlaams Belang, la NV-A, Spirit. Le 10 juin, sont venues s’y ajouter les suffrages engrangés par le tout nouveau Parti De Decker. Le compte y est, avec un rabiot grappillé dans les autres partis. En corollaire de ces douloureuses constatations (enfin …« douloureuses », ça dépend pour qui ! Pas pour nous, en tous cas) il a quand même bien fallu se résoudre à lever les interdits frappant les mots et les notions de « scission », « séparation », « éclatement ». Durant des années, y faire allusion était considéré quasi comme un sacrilège, un blasphème. Même après le choc produit par la superbe émission-fiction de la RTBf, en décembre dernier. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle certains milieux se sont déchaînés en hurlements d’indignation contre les concepteurs et réalisateurs de cette émission. A présent, cette attitude sottement pusillanime a été balayée par le bulldozer des exigences flamandes. Au travers desquelles –c’est d’ailleurs dit crûment de temps à autre- il apparaît bien que seule la Flandre compte et que la Belgique, bon, on va encore feindre de la soutenir… comme la corde soutient un pendu. Ces modifications de comportement constituent un progrès considérable, rendu possible par les clarifications apportées quant aux intentions flamandes véritables. Mieux vaut savoir à quoi s’en tenir que se raconter, obstinément, des histoires angéliques. Il faut se féliciter de cette évolution. Rien que du bon, donc ? Jusqu’à ce moment de notre réflexion, oui. Mais un aspect des positions flamandes apparaît nettement moins plaisant. Et, dans ce cas, nous serions même d’accord pour reconnaître qu’elles sont inquiétantes. Il s’agit de la négation de considérer l’avenir ou le non-avenir du pays en fonction de 3 Régions égales en droit. Avec un silence pesant, dans le discours venu du Nord, en ce qui concerne Bruxelles. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 12/09/2007 @ 16:46
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:51
Catégorie : 2007
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