| Envoi N° 144 du 06/09/2007 Soyons positifs, que diable ! (1) C’est quoi, cette manie de tout dramatiser ? Et de crier à la catastrophe parce que, ce que l’on appelle encore la Belgique, n’est pas dotée d’un Gouvernement fédéral nouvelle formule. Il y en a quand même encore un, de Gouvernement fédéral, avec les vedettes Verhofstadt, Onkelinckx, Reynders et les autres. Bon, ils ne s’occupent que des affaires courantes mais, enfin, on s’était habitué à eux. Eh bien, précisément, les futurs gouvernants, eux, ne courent pas. Ils s’appliquent. Ils palabrent, ils rédigent des notes de plus en plus étoffées, preuve que le génie littéraire et l’inventivité sont bien vivants. Ils vont belotement leur chemin, n’hésitant pas à stopper net, à revenir en arrière, à en faire baver d’envie les pèlerins d’Echternach. C’est ainsi que l’on peut bien apprécier toute la saveur du parcours, non ? La situation est grave, fort grave, nous dit-on. Certains ont même parlé d’angoisse au sein de la population. C’est quand même pousser le bouchon un peu loin, nous semble-t-il. Il est probable qu’un certain nombre de citoyennes et citoyens de ce pays réagissent de façon particulièrement émotive en entendant parler de scission du pays. Nous avons même entendu, ce mercredi matin, sur les antennes de « Vivacité », des auditrices et (moins nombreux) des auditeurs se lancer dans des discours incendiaires pour soutenir l’initiative d’un mayeur voulant imposer l’enseignement de « La Brabançonne » dans les écoles ! Et se répandre en anathèmes contre ceux et celles qui en ignorent les paroles. On choisit les combats que l’on veut mener mais celui-là, à notre humble avis, a peu de chance de se terminer par une victoire. A ce propos, nous remercions les lectrices et lecteurs qui nous ont manifesté leur plaisir à la lecture de notre proposition à Yves Leterme de chanter « Li p’tite gayole ». Et notamment notre ami Charles Massaux qui dans le mensuel wallon namurois « Li Chwès » annonce, faisant suite à notre « bone idéye », que le dit Leterme aurait pris contact avec de fins linguistes wallophones et wallophiles de la capitale mosane pour interpréter cet hymne populaire qui n’a nul besoin d’un enseignement obligatoire pour être repris en cœur d’un bout à l’autre de la Wallonie. Mais nous nous égarons, une fois de plus. Revenons-en donc à cette angoisse collective qui transformerait les nuits de nos concitoyens en cauchemar. Il en est un, au moins, qui est insensible aux phénomènes perturbants de ce genre : Yves Leterme n’a, à notre avis, même pas ressenti une seconde d’anxiété pour avoir confondu Marseille et le Brabant en matière d’hymne national. Il a bien raison, l’homme : quelle importance cela peut-il avoir puisque d’ici quelques années, ce sera le « Vlaamse Leeuw » et lui seul que l’on entonnera, martialement comme il se doit, en République de Flandre ? Mais le commun des mortels ? Eh bien, là, nous avons un problème – récurrent, comme on dit aujourd’hui et ça n’a rien à voir avec récurer une casserole - : nous fréquentons, selon toute évidence, des milieux situés sur une autre planète sociologique que nos femmes et hommes politiques. En effet, après avoir observé, écouté, conversé, dialogué des jours durant dans notre entourage au sens très large, nous n’avons décelé aucun signe d’angoisse lié à la durée de la formation du gouvernement fédéral ni à la perspective de scission de l’Etat. Par contre, nous avons entendu bien des gens de chez nous s’inquiéter de cette fin de mois de septembre qui additionne les préoccupations financières ménagères : les congés ont coûté cher, la rentrée des classes, c’est pas pour rien, il faut trouver les sous pour remplir la cuve à mazout, les prix ne cessent d’augmenter mais les pensions restent au statu quo, la vieillebagnole doit passer au contrôle technique et c’est pas gagné d’avance, la gamine a dû rentrer à l’hôpital, le patron de l’entreprise a fait faillite… Il est vrai que toutes ces petites misères sont dérisoires en comparaison de la grandeur du sort de la Belgique mère chérie. Et, donc, toutes ces personnes, plutôt que de s’attarder sur leurs petits et mesquins soucis personnels, feraient mieux de se lever en rangs serrés pour s’opposer au démantèlement annoncé du pays. En tous cas, c’est l’avis des élites politiques. Ce n’est évidemment pas le nôtre. La situation actuelle n’a rien de dramatique. Il nous paraît même qu’à la faveur du bourbier dans lequel se trouve embourbé le processus de formation d’un Gouvernement fédéral les choses se clarifient de façon encourageante. Et même, cette interminable marche aller-arrêt-retour a déjà produit des effets éminemment positifs que nous tenterons, en toute modestie, de préciser dans de prochaines « Réflexions ». (A suivre…) « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 12/09/2007 @ 16:26
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:51
Catégorie : 2007
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