| Envoi N° 142 du 31/07/2007 Dénatalité, vieillissement, pensions (2) Il est nettement établi, statistiques officielles à l’appui, que le taux de natalité est très nettement supérieur en Wallonie à ce qu’il est en Flandre. C’est un des volets de l’examen de la « pyramide des âges », cette réalité démographique qui permet d’évaluer l’évolution de la population en termes d’actifs et de dépendants. Etant donné que, dans notre société basée sur le principe supérieur de solidarité, les actifs contribuent au bien-être des « dépendants », c'est-à-dire les jeunes aux études, les retraités et autres personnes incapables de subvenir à leurs besoins en fonction de situations ou handicaps personnels. A l’autre extrémité de la « pyramide des âges », se situent les personnes « dépendantes » en fonction de leur âge et de leur retrait de la vie active. Il s’agit, ici, de l’indice de vieillissement des populations dans notre pays Les données à ce sujet sont relativement aisées d’accès. Nous nous baserons, une fois de plus, sur les analyses et calculs de l’IWEPS, (Institut Wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique) qui, lui-même, se réfère aux chiffres publiés par le Service Public Fédéral (SPF), la Direction Générale statistique et information économique, le Registre national et le Bureau fédéral du Plan et, pour les pensions, sur les informations extrêmement précises et actualisées de l’Office National des Pensions.. Des organismes au-dessus de tout soupçon de manipulations communautaires, des institutions que l’on pourrait dire aseptisées en matière de diffusion de données statistiques. Une des données qui nous intéresse en particulier est celle du vieillissement de la population. L’indice utilisé est celui qui établit le rapport entre le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans et les personnes en dessous des 20 ans. En 2006, il y avait en Belgique 95 « vieux » pour 100 « jeunes ». Mais le rapport varie fortement selon les Régions. En Wallonie, la répartition est de 86,6 personnes de plus de 60 ans pour 100 de moins de 20 ans. A Bruxelles, le rapport est de 80 pour 100. Par contre, en Flandre, ils sont 103,6 « vieux » pour 100 jeunes. Et si l’on suit la progression depuis 10 ans, on s’aperçoit que la progression du nombre des personnes âgées suit une courbe ascendante régulière en Flandre, passant de 89,8 à 103,6, alors qu’en Wallonie le chiffre de 86% est remarquablement stable et qu’à Bruxelles il est en régression constante. La conclusion est d’une simplicité totale : la Flandre vieillit beaucoup plus vite que le reste du pays. Ce qui n’est pas un facteur de croissance, pour une Région ou un pays. Ce vieillissement induit, de façon inexorable, dans notre système de sécurité sociale, un accroissement du nombre de personnes bénéficiant, en tout légitimité,d’une retraite bien méritée. Celle-ci est le fruit des cotisations versées par les travailleurs et les employeurs tout au long de la carrière et de celles provenant des personnes actives aujourd’hui et demain. Là aussi, les chiffres sont éloquents. Ce qui est curieux, c’est qu’ils ne sont pas lancés plus souvent au travers des éructations flamingantes sur les prétendues générosités budgétaires à l’égard de la Wallonie, qui ralentiraient le développement de la Flandre. En Belgique, il y a 1.558.588 pensionnés, tous régimes confondus. En Flandre, ils sont 935.138, soit un tout petit peu plus que 60%. En Wallonie, on en dénombre 491.607, soit 31,6%. Pour la Région bruxelloise, on en est à 131.843, donc 8,40%. Voyons ce que cela représente en rapport avec le chiffre de population. La Flandre compte 57% de la population totale du Royaume. Le nombre de pensionnés (60%) y est donc de 3% plus élevé que celui du nombre d’habitants. En Wallonie, dont la population représente 32 ,5% de celle du pays, le nombre de pensionnés est inférieur de près d’1% à ce pourcentage. Pour Bruxelles, la disproportion est plus impressionnante : avec un pourcentage de population de 9,7%, la Région ne compte que 8,4% de pensionnés. Plus intéressant encore : ces tendances se confirment d’année en année. Ainsi, les chiffres que nous citons concernent l’année 2005. Par rapport à 2004, le nombre de pensionnés a augmenté de 1% en Flandre, a diminué de 0,2% en Wallonie et de 1,5% à Bruxelles. Il n’est nullement question, ici, de reprocher à la Flandre de « profiter » de transferts en faveur des pensionnés flamands. Mais peut-être est-il bon depréciser que la Sécurité sociale ce n’est pas que le chômage et les soins de santé, mais aussi un secteur « pensions » dont le poids dans le budget « sécu » est loin d’être négligeable. Si, comme tous les indicateurs le font prévoir, le redressement économique wallon se concrétise au cours des prochaines années, avec, en corollaire, une amélioration significative de l’emploi ; si, par ailleurs, la méchante fable des « transferts en matière de soins médicaux et pharmaceutiques » est définitivement flanquée à la poubelle (notamment grâce à l’honnêteté intellectuelle d’analystes flamands…), nous voyons mal comment Yves Leterme et ses alliés ou amis de la mouvance confédéraliste, autonomiste, indépendantiste, que sais-je, va pouvoir justifier des options séparatistes en arguant de l’indécrottable « profitariat -assistanat » exercé par ces fainéants de Wallons. Qu’il le dise ouvertement, comme une proportion importante des électeurs flamands : on ne veut plus être Belges, nous voulons être Flamands. Cela, c’est une position claire, sans équivoque, légitime. Nul besoin, pour exprimer ce désir et cette volonté, de déployer des artifices mesquins et, en plus, mensongers, en rejetant sur les autres Régions la responsabilité d’une prochaine scission du pays. Mais il est vrai que, ces derniers temps, Yves Leterme s’est livré à un véritable festival de propos et de comportements significatifs, alliant l’arrogance, la provocation,la suffisance et, surtout, le mépris. Même s’il s’affirme supporter du Standard, en pensant sans doute, avec un pitoyable machiavélisme d’arrière-cuisine, que cela suffit à lui donner une teinture de « bon Belge » pas anti-Wallon. Faut quand même pas nous prendre pour des « pigeons », M.Leterme…. On n’est peut-être pas intellectuellement capables, comme vous l’avez affirmé, de maîtriser parfaitement la langue de Vondel. Par contre, nous pouvons traduire des chiffres et des statistiques en réalités et prévisions sociologiques. Et là, tout en reconnaissant votre valeur en matière de stratégie politicienne, nous pouvons vous annoncer, en toute humilité, que vous vous plantez. Avec fracas. Contre l’arbre de l’évidence démographique. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 10/09/2007 @ 20:25
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:52
Catégorie : 2007
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