| Envoi N° 141 du 26/07/2007 Dénatalité, vieillissement, pensions (1) Nous écrivions, dans notre précédent billet que « le mot « pensions » c’est un peu l’arête dans la gorge des flamingo-conquérants ». Il se trouve pourtant dans la note de 80 pages remises par le formateur aux présidents des partis supposés devoir constituer le futur (lointain) gouvernement fédéral. Et d’après ce que nous avons pu en apprendre par la presse, Yves Leterme n’y va pas avec le dos de la cuiller en fait de chamboulement du système. Bon, on verra. Ce qui est certain, par contre, c’est que les pensions constituent le seul secteur de la Sécurité sociale pour lequel, depuis toujours, les partis flamands ne réclament pas la scission. C’est que l’avenir de la Flandre, en la matière, est plutôt inquiétant. Dès à présent, la Région flamande est bien plus mal lotie que la Wallonie et Bruxelles : la natalité y est inférieure, la masse de pensionnés nettement plus importante. Et ces tendances ne cessent de s’amplifier. Il ne faut pas être grand mathématicien pour comprendre que si le nombre de jeunes devient fortement inférieur à celui des personnes âgées, les rentrées financières destinées à financer les pensions par les cotisations des travailleurs vont être inférieures aux besoins. Partons de la natalité… Le quotidien «Le Soir », dans ses éditions du 19 juillet, faisait son titre de 1ère page avec cette phrase intrigante : « Les partis stériles face à la dénatalité ». A première vue on se demande comment les partis pourraient inciter les gens à procréer. Le sous-titre est plus explicite : « Hormis le CDH,personne ne se soucie de la chute de la fécondité. Pourtant, réussir le papy-boom en dépendra ». Et l’excellent article qu’annonçait ce titre prend la France comme exemple de volonté politique en matière de mesures favorisant le choix des couples ou, simplement, des mères en faveur de la procréation. Un graphique situe clairement le taux de fertilité dans les pays européens. En tête de liste, la femme française en âge de donner le jour est créditée de 1,94 enfant. Suivent l’Irlande (1,88), la Suède (1,77). La Belgique arrive en 4ème position, ex-aequo avec les Pays-Bas (1,72). Le plus mauvais élève de la classe est la Pologne (1,31) mais l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie se situent à un niveau guère plus brillant (1,34). Les sociologues estiment que le taux de « remplacement » qui peut assurer une succession équilibrée des générations est de 2,1 enfants par femme susceptible d’être mère. En ce qui concerne la Belgique,nous avons sous les yeux un chiffre quelque peu supérieur à celui fourni par « Le Soir » : 1,74. Il est fourni par la publication « Les chiffres-clés de la Wallonie », éditée par l’ « Institut Wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique » sur la base de SPF Economie- Direction générale statistique et information économique et ADRASS. Mais ce qui est plus intéressant, pour ce qui nous concerne, c’est que la Wallonie, elle, atteint un chiffre plus élevé encore : 1,78 ! Ce qui signifie, si l’on s’en réfère à la moyenne belge, que la femme wallonne procrée bien plus que son homologue flamande. Donc, si, selon une certitude solidement établie au Nord du pays, le Wallon est un piètre travailleur, plutôt fainéant, il apparaît qu’en certains domaines sa productivité soit supérieure à celle du Flamand. Nous devrions d’ailleurs parler, de façon plus correcte, des Wallonnes, car, comme tout le monde le sait, le monsieur, en ces occasions, n’est pas celui qui produit le plus d’efforts, même si, depuis peu, il bénéficie de congés de paternité. Voilà donc précisé le premier volet du triptyque natalité+vieillissement+ pensions. Allons voir, à présent, toujours en feuilletant les pages des « Clés de la Wallonie », ce qu’il en est de ce que les spécialistes appellent « La pyramide des âges ». (à suivre) … « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 10/09/2007 @ 20:20
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:52
Catégorie : 2007
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