Réflexion N° 103 du 12/07/2005La forêt à l’honneur à la Foire de Libramont…… et au Gouvernement wallon Le 27 mai dernier, le Gouvernement wallon présentait son Plan stratégique transversal « Création d’activités et d’emplois ». Outre 2 grandes orientations (réseaux d’entreprises et pôles de compétitivité), le texte annonçait le soutien à des filières existantes ou embryonnaires. Parmi celles-ci, la filière bois a paru, à certains, comme quelque peu ringarde, sinon dérisoire, à côté de l’aéronautique, du spatial, de la biotechnologie, des technologies de l’information et de la communication. Quelques jours plus tard, la direction de la Foire de Libramont annonçait avoir choisi comme thème général de l’édition 2005 (du 29/07 au 03/08) ; « Forêt, bois, entreprises : l’amélioration continue ». Une belle conjonction de volontés allant dans le sens de la valorisation d’une de nos plus anciennes ressources naturelles, dans une perspective de développement durable. Les motivations et justifications sont identiques des deux côtés : Gouvernement wallon : « Une gestion durable de la forêt wallonne est parfaitement compatible avec un développement économique. Réciproquement, une politique économique cohérente de l’industrie du bois est indispensable pour garantir une gestion durable de la forêt ». Foire de Libramont : « Le thème retenu cette année poursuit un triple objectif : -présenter la notion de gestion durable. Le fil rouge sera représenté par le principe d’amélioration continue, appelé à devenir le leitmotiv de tous les acteurs de la filière bois, dans sa totalité -diffuser dans le grand public le message « utilisez le bois » (…) -présenter la formation et les métiers de la filière à destination principalement des jeunes Les intentions exprimées par le Gouvernement wallon et la promotion de la forêt par la Foire de Libramont ne peuvent que réjouir tout qui est attaché à un développement de la Wallonie sur la base de ses richesses et de ses savoir-faire. C’est aussi, opérer la jonction entre une tradition multi-séculaire et les besoins de notre société actuelle. Car la forêt, depuis les âges les plus reculés, a toujours été utilisée par les centaines de générations d’êtres humains ayant élu domicile sur le territoire de la Wallonie d’aujourd’hui. Commeressource inépuisable en produits alimentaires, en combustible, en matériaux de construction. Et, parfois, comme refuge contre la soldatesque. L’importance économique de la forêt est attestée par les innombrables textes juridiques ayant jalonné notre Histoire, destinés à la protéger au mieux. Dans son ouvrage « L’économie rurale namuroise au bas Moyen-Age », l’historien Léopold Génicot consacre des dizaines de pages aux « coutumes et usages » en vigueur, par consensus entre parties en présence, un peu partout dans les 4 premiers siècles du second millénaire et qui délimitait les droits des habitants et des seigneurs (laïcs et ecclésiastiques) sur l’utilisation des richesses de la forêt. Au 17ème siècle, le régime autrichien tenta, sans guère de succès, de réglementer par décret les activités de nos ancêtres en ce domaine. La République française, puis le Consulat et l’Empire intervinrent de façon plus énergique et plus efficace contre les coupes anarchiques de bois. Ainsi fut créée, en décembre 1800, une Administration générale des Forêts. Le rôle des agents forestiers devint une donnée fondamentale de la gestion de nos espaces boisés. Cependant, la voracité de la sidérurgie, puis de l’industrie charbonnière, mis à mal notre patrimoine forestier. Celui-ci fit, alors, l’objet d’un Code forestier, en 1857. Depuis, la forêt wallonne a plus que doublé de volume et se porte bien. Grâce, principalement, au remarquable travail effectué par les agents de ce que l’on appelle, aujourd’hui, la Division Nature et Forêts de la Région wallonne. Avec, aussi, une politique de concertation avec les usagers de la forêt : exploitants, agriculteurs, chasseurs, environnementalistes, organismes du tourisme « léger », randonneurs… Comme nous le disait récemment un de nos amis (et administrateurs) viscéralement enraciné en milieu rural : «Nous sommes parvenus à surmonter la catastrophe écologique qui pointait son nez voici un siècle et demi. Nous pouvons, aussi, réussir une amélioration qualitative de nos forêts, qui constituent quand même un tiers du territoire wallon, et en récolter les fruits économiques, sociaux, environnementaux ». Mais, économiquement, la forêt wallonne ne produit pas la valeur ajoutée et le nombre d’emplois que l’on pourrait en attendre. Elle fournit la matière première qui alimente des entreprises de deuxième transformation établies hors du territoire wallon. Favoriser la création d’entreprises de ce genre, faire la promotion du bois comme matériau dans l’habitat, mettre en valeur les succès d’initiatives locales de production d’énergie renouvelable… les créneaux sont divers… Et, à la lecture de ce que proposera la Foire Agricole, Forestière et Agroalimentaire, en ce dernier week-end de juillet, sur le plateau de Libramont, nous sommes convaincus que tous ces aspects seront présentés de façon magistrale. Cela fera l’objet d’un prochain courrier de « Vive en Wallonie ». Terminons en rappelant que la forêt est un poumon d’oxygène. En cette période de craintes justifiées quant aux conséquences de l’effet de serre sur l’existence des générations futures, elle vaut bien la peine qu’on lui accorde la plus grande attention. « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 10:49
Dernière modification : 30/08/2006 @ 10:54
Catégorie : 2005
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