Envoi N° 140 du 23/07/2007Et s’il avait fredonné « Li p’tite gayole » ?Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, a, comme le monde entier le sait, un agenda hyper-chargé. Cela n’a pas empêché l’ambassadeur à Bruxelles de ladite République de lui faire parvenir, vers le milieu de la journée de ce samedi 21 juillet, un message urgent, et même un peu fébrile, lui annonçant que le futur premier ministre belge présumé avait adopté « La Marseillaise » comme hymne national de la Belgique. De son côté, Paul Henry Gendebien, tête pensante et dirigeante du Rassemblement Wallonie France et, également, du Rassemblement Bruxelles France, à l’écoute quelque peu inattentive des journaux parlés des radios francophones, a cru avoir des problèmes d’ouïe. Lorsque l’information s’est confirmée, il n’a repris ses esprits qu’après avoir lampé une large rasade de bon bourgogne. Dans l’euphorie que l’on imagine.... Pensez bien : Leterme qui, en pleine manifestation belgico-monarchique nationale, choisit le « Marseillaise » plutôt que la « Brabançonne » , voilà un allié de choix et de poids pour brandir le drapeau du rattachement à la France ! Mais le rattachement de quoi ? Eh bien de la Belgique entière, pardi ! Bon, ce que nous venons d’écrire n’a pas été confirmé de source officielle. Mais cela se raconte. Ou bien s’imagine. Cela dit, il est certain que ce lundi, dans tous les quotidiens du Royaume, et, très probablement, dans quelques-uns de l’Hexagone, la partition musicale d’Yves Leterme avant sa participation protocolaire au « Te Deum » national fera un fulgurant titre de 1ère page. Pour une fois que l’on a une information croquignolesque à se mettre sous la plume, trouant l’opacité ténébreuse des tractations politiques grisailleuses d’après élections, autant en faire profiter les lectrices et lecteurs… Eh puis, Leterme, il n’a rien dit d’autre que ce que ressentent les 10 millions d’individus que l’on qualifie de « Belges ». Sans parler de sa prestation marseillaise, quand il se plante sur la signification et l’origine de la « Fête nationale » du 21 juillet, il ne fait jamais que refléter l’ignorance absolue de l’immense majorité de la population à ce propos. Encore que l’émission « Vivacité » de la RTBF ait accompli un énorme effort en la matière en précisant que le 21 juillet 1831, un certain Léopold de Saxe Cobourg Gotha, dont personne ne connaissait rien dans nos régions flamandes ou wallonnes, a presté serment comme roi des Belges… des Belges dont il ne connaissait rien lui non plus et dont il n’avait strictement rien à cirer, empêtré qu’il était dans des intrigues nettement plus britanniques. Alors, il faut quand même dire que Leterme a des excuses… Il fallait quand même être tordu pour inventer une « Fête nationale » basée, justifiée, codifiée, sur la prestation de serment d’un roi totalement inconnu de ses « sujets » et complètement indifférent à la nature de ces mêmes « sujets » dont il n’avait jamais entendu parler auparavant. De là à improviser une « Marseillaise » républicaine en lieu et place d’une « Brabançonne » - dramatiquement cornichonne, nous le concédons – il fallait avoir de l’audace. Mais le Monsieur Leterme dont il est question n’est pas un hypocrite : il n’a jamais caché son opinions à propos de la Belgique : elle n’apporte aucune valeur ajoutée à la Flandre. Alors quoi ? On ne va quand même pas se fatiguer les méninges pour savoir à quoi correspond la grande manifestation annuelle du belgicanisme. D’autant plus que cet Etat Belgique, on a bien envie, en Flandre, de le dépecer. Avec, quand même, une petite appréhension : le mot « pensions », c’est un peu l’arête dans la gorge dans les discours flamingo-conquérants. Nous y reviendrons dans les prochains jours. Nous terminerons ce billet en suggérant l’idée maîtresse du suivant : tant qu’à faire, Yves Leterme se trouve à l’orée d’une carrière musicale imprévue mais prometteuse. Imaginez qu’il ait répondu à la demande du journaliste de la RTBF en entonnant l’hymne non pas national mais immensément populaire de la Wallonie : « èle m’è l’aveut todi promis ène bèle pètite gayole po mète èm’canari » » cela aurait fait un tabac de Comines à Visé et de Jodoigne à Arlon. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 10/09/2007 @ 20:12
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:52
Catégorie : 2007
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