| Envoi N° 138 du 28/06/2007 « Inculpé » ne signifie pas « condamné » ni « coupable »… (2) La ville de Charleroi est sauvée. Léon Casaert n’est plus mayeur, les « anciens » échevins sont passés à la trappe, le nouveau, qui, hélas pour lui, porte le nom de Van Cauwenberghe a été éjecté quasi manu militari. Bref, l’ordre règne désormais. Il y a bien eu ces quelques centaines de personnes venues apporter leur soutien à Léon et à Philippe, mais cela compte-t-il ? D’autant plus que ces manifestants avaient le culot de parler de « déni de démocratie » ! Vous vous rendez compte, quelle impertinence ? Et pourtant…. Leur propos était-il vraiment outrancier ? Le code de bonne démocratie locale édicté par le ministre Courard n’est-il pas basé sur le respect du vote de l’électorat ? Tout ce qui s’est fait pour arriver au résultat carolorégien que l’on sait ne présente-t-il pas quelques failles, et pas forcément bénignes, pouvant heurter une vision démocratique de l’établissement d’un pouvoir communal ? Les auteurs du « pacte de majorité » carolo sont-ils certains, en leur âme et conscience, de ne pas avoir tendu la perche à une cascade d’échafaudages politiques communaux quelque peu tordus dont la justification reposera sur une sorte de jurisprudence municipale arrachée au forceps et… au chantage ? D’autres que nous, nettement mieux armés pour ce genre d’analyse, reviendront, dans peu de temps, nous n’en doutons pas, sur ce bricolage qui a tout l’air de considérer les résultats d’un scrutin comme dénués de valeur. Il nous étonnerait, par exemple, que les fins et rigoureux politologues du CRISP ne nous livrent leurs réflexions à ce sujet dans les mois à venir. Nous ne pouvons, nous, que constater des faits en partant du simple bon sens, ce qui n’est pas une garantie de vraie sagesse, nous en convenons. Premier étonnement : d’où est venue cette dispositionprévoyant l’éviction immédiate d’un échevin faisant l’objet d’une inculpation judiciaire ? Comme l’écrivait fort justement (voir nos précédentes « Réflexions ») Jean- Marie Dermagne, le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Dinant, l’inculpation est une formalité légale qui confère des droits à celles ou ceux qui en font l’objet et non qui les cloue au pilori. L’obligation de démission pour une échevine ou un échevin inculpé(e) est une condamnation en soi, d’autant plus si elle fait l’objet de publications médiatiques. Car, à ce moment, c’est l’opinion publique qui est invitée à condamner. Avant et en dehors de la Justice, semble-t-il ? Si, comme cela se passe couramment, l’inculpation aboutit à un non-lieu, à un acquittement, l’ « inculpé », lui, n’aura pas le moindre recours face à la vision qu’ont ses concitoyens de sa « culpabilité ». Le titre de première page d’un quotidien le présentant comme « inculpé » le condamne. Les 3 lignes, publiées 6 mois plus tard, disant que les chefs d’accusation ayant justifié l’inculpation se sont révélés sans fondement, ne seront pas même lues. L’infamie initiale demeure dans les mémoires. Et allez voir comment agir pour rétablir la vérité judiciaire ! Au surplus, si un organisme public comme un conseil communal a déjà appliqué une sanction d’exclusion avant le moindre jugement de justice, l’ « inculpé » est, d’office, épinglé comme coupable par la majorité de ses concitoyens. Au surplus, il y a le libellé de l’ « inculpation ». Si tu as commis des faux et fait usage de faux, c’est que tu es un pourri coupable de malversations. Comme nous l’entendions à une table de bistrot, il y a peu, « Is’ont mètu dès liârds dins leû poche », parlant de Casaert et des autres échevins « inculpés ». Alors que ces braves gens ne sont « coupables » que de naïveté, d’erreurs administratives extrêmement bénignes, n’impliquant pas la moindre intention d’enrichissement personnel ! Ni même, en fin de compte, de préjudice à l’égard de la Ville ! C’est monstrueux. Si les mesures du « plus blanc que blanc » imposées par les actuels dirigeants carolos étaient imposées dans toutes les administrations communales, ce serait un capharnaüm gigantesque. Et nous pensons que certains mayeurs et échevins des 262 entités wallonnes se glissent, ces derniers soirs, dans leurs draps en implorant le ciel d’éviter que l’un quelconque de leurs adversaires politiques n’aie la malencontreuse idée de porter un regard trop pointilleux sur leur gestion personnelle, même si celle-ci n’a rien de délictueux. Simplement du pragmatisme, du court-circuitage de bureaucratie, sans la moindre intention frauduleuse. Mais, par les temps qui courent, c’est direction guillotine ou potence, au choix. Qu’ils ne se fassent pas trop de soucis, quand même : Charleroi constitue un abcès confortable pour cette déglingue monumentale d’une « démocratie » cherchant les moyens faciles de faire sauter en l’air les principes de base de la démocratie. Tant que Van Cau est la cible privilégiée du tir aux pipes, on peut, quand même, à peu près dormir en paix. Encore que… A suivre…« Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 28/06/2007 @ 09:31
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:52
Catégorie : 2007
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