| Envoi N° 134 du 18/05/2007 La Wallonie PARTENAIRE de Bruxelles (2) La réponse enthousiaste du Mouvement du Manifeste Wallon, publiée le 8 mai dernier, au manifeste bruxellois « Nous existons » est signée par une centaine d’intellectuels wallons, et pas des moindres. C’est exactement le même nombre que celui des premiers signataires bruxellois de « Nous existons ». Depuis lors, le manifeste bruxellois a reçu le soutien de … 10.000 personnes ! Il n’est pas certain, ni exclu d’ailleurs, que le texte wallon recueille le même succès. Et il est vrai que comme le soulignent certains commentateurs, les positions du Mouvement du Manifeste Wallon ne trouvent pas de relais dans les partis politiques francophones. Même auprès de femmes et hommes politiques wallons réputés « régionalistes ». C’est qu’il n’est pas bon, à l’heure actuelle, de s’écarter de la pensée et du discours politiquement corrects qui se traduit par la phrase-clef : les Francophones ne sont demandeurs de rien. Par conséquent, les partisans d’une modification institutionnelle qui inclurait la disparition de la Communauté française au profit de l’instauration de Régions disposant des compétences en matière de culture et d’enseignement ne sont pas les bienvenus. La frilosité politique en ce domaine s’accompagne d’un attrait nouveau et généralisé pour l’institution fédérale. A tel point que Jean-Claude Marcourt, Ministre wallon de l’Economie (c’est-à-dire, quand même, poids lourd du Gouvernement wallon…) fait figure de franc-tireur en étant le seul, parmi les ministres wallons, à ne pas se présenter sur les listes en vue des élections législatives du 10 juin ! Par parenthèse, cette situation déboussole quelque peu les électrices et électeurs. Déjà qu’il n’est pas simple de s’y retrouver dans les divers niveaux de pouvoir, si l’on voit, en plus, des ministres wallons briguer un mandat parlementaire au fédéral, là on ne comprend plus. Cela signifierait-il qu’un ministère wallon est considéré comme inférieur en matière de prestige, de responsabilité, de compétences, d’efficacité, à un ministère fédéral ? Il y a là, en tous cas, un risque de dévaluation des institutions parlementaire et gouvernementale wallonnes. Soulignons que le problème se pose également à Bruxelles et en Flandre. L’ambition avouée d’Yves Leterme, Ministre-Président du Gouvernement flamand, d’occuper les fonctions de premier-ministre du Royaume, contraste avec ses déclarations enflammées d’attachement absolu à la direction de la Flandre et d’absence de « plus-value » de l’Etat Belgique pour cette Flandre. Sauf que… pour dépecer cet Etat Belgique, il vaut peut-être mieux être maître de la salle de découpe que relégué dans le local du personnel d’entretien… Pour en revenir à notre sujet, c’est-à-dire la réponse wallonne au manifeste bruxellois « Nous existons », nous y voyons plusieurs éléments particulièrement importants. Les signataires saluent l’exigence bruxelloise de reconnaissance de l’identité de la Région de Bruxelles-Capitale, multiculturelle, plurilingue, différente des 2 autres Régions et bien résolue à s’occuper elle-même de son avenir. « Nous ne sommes plus seuls à vouloir faire triompher cette conception du fédéralisme », disent ces intellectuels wallons. Ceux-ci insistent une nouvelle fois sur la nécessité (évidente) pour chaque Région d’être maîtresse de sa culture. Le propos est sans équivoque : « Le gouvernement wallon pourra imaginer tous les plans de redressement qu’il veut, sans référents culturels et moraux, il ne pourra qu’échouer ». Et la solidarité avec Bruxelles ? Eh bien, « La solidarité des Wallons et des Bruxellois ne doit pas obligatoirement prendre la forme d’institutions communes qui les nient les unes et les autres ». On ne peut être plus clair… Dans cet esprit le Mouvement du Manifeste Wallon déclare que « par la voix des signataires de la présente, la Wallonie s’offre comme partenaire (de la Région bruxelloise, ndlr) en ce moment historique ». Pour terminer rappelons qu’au mois de mars dernier, un document intitulé Un fédéralisme raisonnale et efficace pour un Etat équilibré » était diffusé, portant la signature de Jacques Brassinne de la Buissière et de Philippe Destatte, respectivement président et directeur général de l’Institut Jules Destrée. Cespersonnalités y proposaient que l’Etat fédéral soit uniquement composé de 4 Régions : s’ajoutait aux 3 actuelles une quatrième constituée par les cantons germanophones, toutes égales en droit et disposant de compétences nouvelles, dont l’enseignement, la recherche, la culture… Il nous semble qu’il y a là une indéniable convergence. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 18/05/2007 @ 09:23
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:53
Catégorie : 2007
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