Réflexion N° 101 du 08/07/2005Le rôle d’un petit pays : l’exemple luxembourgeois Lorsque le Grand-Duché de Luxembourg céda la présidence du Conseil Européen à la Grande-Bretagne, les commentateurs politiques furent unanimes à faire l’éloge du rôle joué par ce pays au cours des 6 mois écoulés, à la tête de l’Europe des 25. Une bonne partie de cet hommage revient à Jean-Claude Juncker, premier ministre du gouvernement luxembourgeois, qui assuma à merveille ses fonctions de président. Cet homme symbolise, en effet, la fidélité sans faille à l’idéal européen, avec ténacité, efficacité, habileté et… modestie – ce qui n’est pas tellement courant. Un homme au langage direct, sans ambiguïté, agrémenté d’un humour de type « pince sans rire » bien plaisant à savourer chez une personne à ce niveau de pouvoir. Cependant, au travers de J-C Juncker, c’est aussi le rôle joué par son pays dans la construction de l’Europe qui est mis à l’honneur. Le Grand-Duché de Luxembourg est un des six pays fondateurs de l’Union Européenne. Il n’y a jamais occupé une place de simple figurant, malgré sa petite taille. Au contraire, il fut souvent à la base de décisions et de compromis politiques fondamentaux. Dans un excellent article du quotidien « Le Soir » en date du 24 mai dernier, deux personnalités belges ayant exercé des charges importantes à la Commission européenne, Philippe Busquin et Karel Van Miert, ainsi qu’un diplomate dont l’identité n’est pas précisée, énumèrent quelques raisons de l’influence exercée par la Grand-Duché depuis des décennies. Citons la conviction européenne de l’ensemble du monde politique grand ducal,mais aussi des citoyens, une pratique naturelle de la persuasion et de la médiation, une longue expérience, des connaissances parfaites. Karel Van Miert : « On peut compter sur le Luxembourg pour aider à trouver des solutions. Comme commissaire, j’allais voir le premier ou un ministre luxembourgeois pour préparer certaines réunions » Philippe Busquin (à propos de la stabilité qui caractérise la présence de fonctionnaires luxembourgeois) : « Au Coreper (Comité des Représentants Permanents des Etats auprès de l’Union), j’ai connu le même fonctionnaire durant cinq ans. Ce qui permet une grande efficacité dans les couloirs » Un diplomate : « Juncker suit la règle d’un démocrate-chrétien des années 50 qui disait : la grandeur du Grand-Duché consiste à chuchoter les bonnes idées dans l’oreille des grands ». La bonne santé de ce pays, en tête de classement de quasiment tous les paramètres socio-économiques, impose, également le respect. Nous trouvons dans ce prestige dont jouit le Grand-Duché, l’illustration parfaite de la place que peut occuper un Etat de très petite taille sur la scène internationale. C’est une réponse concrète aux propos de la plupart des femmes et hommes politiques wallons et bruxellois pour qui, en cas de scission de l’Etat Belgique, ni la Wallonie ni Bruxelles ne pourrait envisager une existence séparée. Le Grand-Duché de Luxembourg, c’est la moitié de la population de la Région bruxelloise, le septième de celle de la Wallonie. Ce qui ne l’empêche nullement de tenir crânement son rang, sans complexe, face aux grandes nations. Pourquoi ne serions-nous pas capables de faire de même ? « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 10:42
Dernière modification : 30/08/2006 @ 11:12
Catégorie : 2005
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