| Les bonnes idées de l’Institut Jules Destrée (1) Nous ne cessons pas de nous retrouver à la veille d’une campagne électorale. Ou en plein dedans. C’est un signe de bon fonctionnement démocratique puisque l’occasion est donnée aux citoyennes et citoyens de faire connaître leur opinion pour l’exercice du pouvoir à tous les niveaux. Le gros ennui, là-dedans, n’est même pas la multiplicité de ces niveaux de pouvoir mais, plutôt, le fait que les femmes et les hommes politiques ont constamment comme préoccupation l’échéance suivante. Si, encore, elles et ils se concentraient, chacune et chacun, sur le communal, ou le provincial, ou le régional, ou le fédéral, ou l’européen, ce serait plus simple pour les gens. Mais cela se mélange allègrement et l’on ne sait plus bien si l’on vote pour un mayeur, un député régional, une sénatrice fédérale, l’élu(e) pour un tel mandat pouvant changer d’attribution le soir même du vote suivant. Faudra quand même qu’on clarifie tout cela un jour, sinon l’embrouillamini risque de tourner au vaudeville. Pas bon, ça ! Déjà que la conformation institutionnelle du pays constitue un puzzle pas tellement aisé à recomposer. On rigole, souvent, en disant qu’une personne étrangère, venant chez nous, n’y comprend rien dans l’échafaudage brinquebalant de nos institutions. Eh bien, demandons aux Flamands, Wallons, Bruxellois, Germanophones, bons « blancs bleus Belges », comme dit plaisamment un de nos amis, ce qu’ils en pensent. Nous prenons un pari. Nous mettons au défi n’importe quel organisme de sondage, n’importe quelle entreprise médiatique de trouver 10% de personnes francophones interrogées, interviewées, « sondées », de fournir des réponses adéquates au sujet de notre montage institutionnel. Il faut reconnaître que les Flamands ont fait plus simple, puisque leur Région et leur Communauté, c’est kif. Sauf qu’ils se sont mis dans les pieds un piège inextricable : l’affirmation de Bruxelles comme capitale de la Flandre… alors que la majorité des Flamands optent pour Anvers, semble-t-il. De toute façon, Bruxelles ne sera jamais capitale flamande, sauf conquête coloniale…Là, il y a une gaffe idéologique et politique monumentale, non ? Soyons même bon princes… Les sondages et enquêtes s’effectuent, la plupart du temps, par la voie de l’appel téléphonique sur un poste fixe. Vous en connaissez beaucoup de jeunes de 18 ans – ceux qui vont voter pour la première fois en juin- qui répondent à un poste fixe ? Leur SEUL mode de communication est le GSM – et encore, par SMS, ce qui ne garantit pas vraiment la valeur, l’authenticité et la compréhension des questions et des réponses. Alors, toutes ces enquêtes sont faussées à la base ou, en tous cas, fortement aléatoires. Ce qu’il faudrait organiser, de façon systématique, c’est un questionnement serein, sans a priori, dans tous les établissements scolaires, dans les classes terminales du secondaire, c'est-à-dire auprès des électrices et électeurs de juin prochain. Demandons- leur ce qu’est la Communauté française et ce qu’est la Région wallonne. A noter que si l’on pose la question à leurs parents, les réponses ne seront pas meilleures. Pires, même, souvent. Apparemment, le monde politique s’en fout. Lui, il vogue dans sa planète d’initiés, une infime élite qui jongle avec ces subtilités, afin d’assurer et de répartir des mandats après des calculs d’apothicaires. Les gens votent. Les politiques arrangent la distribution des mandats après élection. Parfois, cela n’a pas grand chose à voir avec les désirs du corps électoral, mais qui va s’en soucier ? De toute façon, on est déjà rassuré, là-haut : en bas, ils, elles n’y comprennent rien ! .C’est confortable pour jouer la partie, tranquille, au sommet.. Alors, voyez-vous, après ce coup de gueule, nous allons vous dire qu’un souffle d’air frais et de véritable démocratie nous est arrivé au début de ce mois de mars printanier. Il s’agit d’une note de synthèse produite par 2 responsables éminents de l’Institut Jules Destrée; Jacques Brassinne de la Buissière, président, et Philippe Destatte, directeur général. L’Institut Jules Destrée, ce n’est pas n’importe quoi. Il est à l’origine d’une acceptation de l’identité wallonne, ce qui n’était pas une notion fort prisée voici quelques décennies. Il est l’instrument actif de l’affirmation d’une volonté wallonne de développement autonome, décidée et mise en œuvre par les Wallonnes et les Wallons. Et ces 2 personnalités ont produit un document tout à fait inattendu par la simplicité institutionnelle qu’il propose, en rupture avec le fatras actuel du bric à brac post belgicain. Curieusement, alors que les médias de tous genres s’étendent à longueurs de pages et d’antennes soporifiques sur n’importe quelles farfelues élucubrations venues du Nord et du Sud, ils se sont montrés d’une discrétion voisine de l’étouffement quant à la diffusion du texte, pourtant pas révolutionnaire, pas explosif, intitulé « Un fédéralisme raisonnable et efficace pour un Etat équilibré ». Parce que trop cartésien ? Parce que trop compréhensible par l’ensemble de la population ? Il est vrai que l’on en est à l’époque de la démarche intellectuelle ayant pris comme mode de pensée l’expression : « Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué »…. (à suivre) « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 26/03/2007 @ 13:55
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:54
Catégorie : 2007
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