| Envoi N° 127 du 30/01/2007 Le plan de redressement wallon pris au sérieux… enfin ! Dans le précédent article de « Réflexions », nous épinglions le titre de première page de l’édition du 13 septembre du quotidien « Le Soir » – « flingage » patronal pour le plan Marshall-d’ailleurs immédiatement rejeté par le Président de l’Union Wallonne des Entreprises, Vincent Reuter. Nous relevions également les propos peu amènes adressés au Gouvernement wallon sur le même thème, dans le même numéro du « Soir », suivis le lendemain par une spectaculaire courbe rentrante du même rédacteur. Nous devons constater que, au fil du temps, la position exprimée par « Le Soir » en ce temps-là a évolué de façon significative puisque, le 28 décembre, nous lisions dans les pages « Economie » du même journal, sous le titre « Les pôles oeuvrent dans l’ombre et espèrent étinceler – LA VITRINE DU PLAN MARSHALL», les phrases suivantes : « Comme s’en réjouissent les patrons de ces pôles (de compétitivité – ndlr), à l’instar de l’Union Wallonne des Entreprises, le Gouvernement a soigneusement évité de prêter le flanc à l’accusation de saupoudrage des deniers publics. … La Région a, par ailleurs, délégué à un jury indépendant le soin de labelliser ces pôles et de sélectionner les projets à y intégrer. Le tout sous la présidence de Luc Van Steenkiste, patron flamand du groupe Recticel et ancien président de la FEB, qui expliquait en nos colonnes, en juin, pourquoi il était satisfait : « …ce jury a pu travailler en toute indépendance vis-à-vis du pouvoir politique en se fondant exclusivement sur des critères économiques et scientifiques ». Voilà donc la page des faux « patrons flingueurs » apparemment tournée. Quant à la lettre adressée par les présidents des pôles de compétitivité à Marie-Dominique Simonet, Ministre de la Recherche et des Technologies nouvelles, regrettant le mode de financement des projets, elle a fait l’objet d’une mise au point parfaitement sereine, paisible et convaincante de la part de la Ministre. Il s’agit, on le sait, de remplacer le système des « avances récupérables », en cours depuis des années à la Région wallonne,par celui de subventions directes afin de ne pas mettre en difficultés les PME participant aux différents projets. Marie-Dominique Simonet réitère son accord à ce sujet mais rappelle que cette modification doit recevoir l’aval de la Commission européenne. Elle précise que ce dossier a été présenté aux instances européennes voici plusieurs mois. Si, comme elle l’espère, celles-ci donnent leur assentiment, le mode de financement souhaité par les présidents des pôles de compétitivité entrera rapidement en vigueur. Pas de quoi provoquer une guerre mondiale. Nous disions aussi que nous rencontrerions les 2 faiblesses détectées par le rédacteur du « Soir », Hugues Danze, dans le « Plan Marshall ». En premier lieu, l’ « oubli » de Bruxelles dans le plan wallon de développement. Il n’est même pas nécessaire d’argumenter à propos de ce reproche. Les milliers de signataires de l’appel des Bruxellois, « Nous existons », ont donné une réponse juste, claire, catégorique : Bruxelles a les moyens évidents de vivre en pleine autonomie, en Région à part entière. Qu’une solidarité francophone existe, ce n’est pas plus mal. Mais Bruxelles n’est pas une Région francophone mais une Région à vocation multiculturelle et multilingue. Ce n’est même plus une vocation, c’est une réalité. D’autre part, le rédacteur du « Soir » pointe du doigt ce qui fait les choux gras de tous les sarcasmes anti-wallons depuis… eh bien, depuis des siècles, nous semble-t-il ? Les Nerviens, les Eburons, les Aduatiques, les Trévires, c’était pas mal non plus.. Il s’agit des sous-régionalismes. C’est vrai que cela existe, chez nous. Et ailleurs…. non ? Les grandes pointures politiques flamandes n’ont-elles pas un petit faible pour Louvain, Ostende, Gand, Vilvorde, Anvers…, Mais reportons-nous à ce que déclarait Luc Van Steenkiste, dans les déclarations que nous reprenions plus haut à propos de la complète indépendance du jury ayant sélectionné les projets et de l’absence de « saupoudrage ». Ce ne sont pas André Antoine ni Michel Daerden qui le disent… Alors ? Nous faisons preuve de trop d’optimisme ? Possible. Mais si l’on met en route un plan dont les résultats ne peuvent, au mieux, se confirmer que dans 4 ans, mais avec des retombées possibles pour une ou deux décennies, laissons quand même à ses initiateurs et à ses acteurs le bénéfice de la confiance et de l’espoir. Bien sûr, nous y croyons. En craignant quand même les possibles sabotages électoralistes. La Wallonie n’en est pas prémunie, hélas !, mais nous persistons àparier sur ses capacités à les surmonter. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 30/01/2007 @ 09:49
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:55
Catégorie : 2007
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