| Envoi N° 126 du 25/01/2007 Réflexions de début d’année(6) Les patrons n’ont pas « flingué » le plan Marshall. Au contraire ! Le 13 septembre de l’année dernière, le quotidien « Le Soir » affiche, EN TITRE DE PREMIERE PAGE, une affirmation flamboyante : « Le patronat flingue le plan Marshall » De quoi s’agit-il ? Les présidents des pôles de compétitivité mis en place dans le cadre de ce plan Marshall ont envoyé une missive à Marie-Dominique Simonet, Ministre wallonne de la Recherche et des Nouvelles Technologies pour lui dire leur « complète insatisfaction » quant au mode de financement de ces pôles. Le titre de page intérieure (page 5) est à peine moins agressif : « Les pôles sont mal embarqués » Dans les heures qui suivent la parution de cet article, nous entendons, dans une émission radio de « Vivacité », que le patron de l’UWE (Union Wallonne des Entreprises), Vincent Reuter, s’est inscrit en faux contre l’assertion de « flingage patronal »du plan Marshall. Le lendemain 14 septembre, « Le Soir » débute d’ailleurs son article par ces lignes : « Le patron de l’Union Wallonne des Entreprises réagit à notre manchette d’hier, réfutant que le « patronat flingue le plan Marshall ». Vincent Reuter veut, en fait, davantage d’avancées » Un article en page 6, intitulé : « Vincent Reuter : plus de cohérence, svp » A la question du « Soir » : « Est-ce déjà le moment de tirer un bilan du plan Marshall ? le président de l’UWE répond : « Sur le plan des effets, c’est incontestablement prématuré. S’agissant des actions, en revanche, un pas significatif a été effectué au niveau de l’allègement de la fiscalité » Le « Soir » : « Les pôles de compétitivité sont aussi sur les rails ». Vincent Reuter : « Les entreprises et les universités ont répondu massivement au premier appel à projets, dans un délai très serré. On leur a reproché d’avoir « négligé » le volet formation mais cela sera corrigé par la suite quand elles auront mieux cerné leurs besoins ». Suivent des avis fort pertinents concernant le système de financement, dépendant de négociations avec la Commission européenne, l’enseignement qui implique la Communauté française et le Gouvernement fédéral. Avec une conclusion ; « … si l’on veut que la Wallonie se redresse, la cohérence est indispensable à tous les niveaux de la pyramide institutionnelle ». De façon évidente, il n’y a pas de « patrons flingueurs » du plan Marshall. Bien au contraire, ils s’impliquent résolument dans cette démarche à long terme. Et pourtant…Dans le même temps, le Gouvernement wallon dressait le bilan du plan Marshall, après un an, et invitait à un petit déjeuner une brochette d’investisseurs étrangers. Et, dans la même page 6 du « Soir », un billet d’Hugues Danze (Humo(e)ur », lançait une bordée au vitriol, sous le titre « Tupperware et méthode Coué », où nous lisions : «(…) cette réunion, dont devrait s’inspirer « Tupperware » a juste réussi à montrer que le Gouvernement (wallon –ndlr) était devenu adepte de la méthode Coué. Bien sûr, on n’a pas loupé le couplet précisant « qu’il n’était pas question que la Région wallonne fasse le paon ». Des paroles rassurantes. Mais on ne peut s’empêcher de penser qu’à force de vouloir vendre l’image d’une Wallonie qui gagne, le gouvernement perd de temps à autre le sens de la mesure. Triste destin pour un métronome ». Hugues Danze serait, sans doute, acheteur, lui, d’une Wallonie qui perd ou, au maximum, qui végète ? Avec stupéfaction, nous avons constaté que ce discours persifleur a été suivi, le lendemain, d’un éditorial du même Hugues Danze ( Le Soir 15-09-06) prenant le contre-pied du billet de la veille. Le titre, déjà, est significatif : « Marshall – Ses petits vices et grandes vertus ». Les premiers paragraphes sont plus étonnants encore : « Les pourfendeurs de la Wallonie, à moins qu’ils ne soient aveugles, sourds et muets, devront ravaler leur bile. Le plan Marshall de redéploiement économique est sur les rails. Et, jusqu’ici, il n’y a eu aucune erreur grossière d’aiguillage. L’objectivité impose un constat, qu’il plaise ou non : le gouvernement PS-CDH, dans l’ensemble, respecte ses engagements. Décret voté, arrêtés d’application adoptés, moyens dégagés, mesures fiscales concrétisées. Cette vitesse d’exécution est assez rare pour être soulignée. (… )la mobilisation des acteurs du développement ( patrons, universitaires, experts, politiques) est une première à laquelle peu d’observateurs croyaient encore il y a 12 mois ». Ce n’est quand même pas de la méthode Coué, non ? Quant à la cohérence dont il était question plus haut, nous restons quelque peu perplexes. Dans la suite de cet éditorial, l’auteur épingle quelques « revers » avec précision et mesure. C’est cela la saine critique qui respecte l’objectivité de l’analyse. Et nous reviendrons sur ces différents points dans une prochaine « Réflexion ». N’empêche ; le titre de première page du 13 septembre, « Les patrons flinguent le plan Marshall » restera dans les esprits des lecteurs. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 25/01/2007 @ 09:39
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:55
Catégorie : 2007
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