| Envoi N° 124 du 18/01/2007 Réflexions de début d’année (4) La Wallonie, d’ici quelques années… « … d’ici quelques années, on peut espérer que la Wallonie se sera effectivement dotée de nouveaux fleurons à très haute valeur ajoutée, et qui seront en mesure de s’imposer » Ces paroles ne sont pas d’Elio Di Rupo, ni d’André Antoine, ni de Jean-Claude Marcourt, ni de Marie-Dominique Simonet, donc absolument pas du Gouvernement wallon en pleine frénésie autoglorificatrice… Le Monsieur qui les a prononcées (Le Soir -28-12-06) est Luc Vansteenkiste, patron flamand de la division belge du Groupe multinational RECTICEL, ancien président de la FEB, président du jury indépendant chargé de sélectionner les projets à intégrer dans les « pôles de compétitivité » créés dans le cadre du « plan Marshall ». Cela nous change des ricanements habituels qui accueillent et accompagnent généralement toutes les initiatives wallonnes. Car, telle qu’elle est présentée quotidiennement à l’opinion publique, la Wallonie est une Région condamnée à la médiocrité, incapable d’assumer des projets d’avenir, satisfaite de vivre paresseusement dans l’assistance flamande, pourrie par des politiciens corrompus. Et si une réalisation wallonne connaît le succès – comme c’est le cas ces derniers mois, notamment, avec les remarquables résultats du plan et des primes pour les économies d’énergie-, elle a droit à quelques entrefilets étouffés sous l’avalanche de sarcasmes et de descriptions délectables des scandales carolos, namurois et autres. Pendant plus d’une année, les médias, bien ravitaillés en informations croustillantes par certaines personnalités politiques, ont donné de la Wallonie une image totalement falsifiée. Pour les téléspectateurs, auditeurs, lecteurs de l’ensemble des médias, l’impression ressentie était que la Région était immobilisée, anesthésiée, que plus rien ne s’y passait en dehors des « affaires », ce thème tellement porteur en chiffres d’audimat et de lectorat. Il faut dire que l’atmosphère de la campagne électorale pour les communales n’a pas arrangé les choses. Les affrontements, souvent passionnels et impitoyables, pour les scrutins locaux, de même que la période leur succédant consacrée à la formation, parfois extrêmement douloureuse, des majorités appelées à diriger les entités, ne sont guère propices à une bonne information sur l’évolution des chantiers gouvernementaux. Enfin, il reste une constante : le Gouvernement wallon demeure toujours très peu doué pour une communication efficace. Le ministre Jean-Claude Marcourt disait, dans une interview au « Soir », dans l’édition du 6 septembre de ce quotidien : « Il faut absolument diffuser le plan Marshall pour qu’il soit mieux compris par l’ensemble de la population et par les PME » Nous nous permettrons de penser que le diffuser n’est pas suffisant. Il faut encore avoir à l’esprit que la nature même de ce plan n’en favorise pas la compréhension. Il s’agit, en effet, d’un très vaste projet à long terme. Tous les acteurs, chefs d’entreprises, bureaux d’études, centres de recherche, universitaires sont bien d’accord à ce sujet. Il ne faut donc pas en attendre des résultats avant que les projets sélectionnés aient été mis en œuvre. Le délai le plus souvent cité étant de 4 ans. Aussi, les détracteurs inconditionnels et certains faiseurs d’opinion ont-ils beau jeu de distiller l’ironie et la moquerie en faisant circuler des propos simplistes et populiste du genre : « Le Plan Marshall ? Beaucoup d’argent pour rien, sinon pour en sucrer quelques-uns. Depuis qu’il a été annoncé, on n’a encore rien vu en matière de réalisations » A cela s’ajoute une présentation journalistique parfois à la limite de la mauvaise foi. Nous en détaillerons un exemple frappant dans une prochaine «Réflexion ». Il faudrait peut-être quela RTBf imagine une nouvelle émission-fiction sur ce thème pour frapper les esprits et illustrer, à l’intention des Wallonnes et Wallons un autre propos du Ministre de l’Economie et de l’Emploi, dans le même article du « Soir » : « A tous les niveaux (gouvernement, syndicats, patrons, universités, chercheurs) il y a une mobilisation. Il n’y a plus de fatalisme. J’aimerais qu’un jour on puisse dire que la Wallonie est en avance par rapport à la moyenne européenne ». « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 24/01/2007 @ 19:08
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:55
Catégorie : 2007
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