| Envoi N° 125 du 22/01/2007 Réflexions de début d’année (05) Paul Furlan et la démocratie parlementaire Dans notre série programmée de « Réflexions de début d’année », nous n’avions certes pas prévu de consacrer l’un de nos écrits au bourgmestre de Thuin… Mais, ce vendredi 19 janvier, lorsque nous avons découvert sa « Carte blanche » dans « »Le Soir », sous le titre « Le travail parlementaire est déboussolé par le vent des affaires », nous avons éprouvé une intense satisfaction… Car ce langage, son expression, sa profondeur, sa vision politique tranchaient de façon impressionnante avec tout ce qu’il nous a été possible d’écouter, de lire, au cours des derniers mois. Voilà un monsieur, que nous n’avons pas, par ailleurs, le plaisir de connaître personnellement, qui, ENFIN, survole, néglige les invectives, les égratignures venimeuses, les diatribes partisanes pour appeler à un retour à la saine vision de ce que doit être la DEMOCRATIE PARLEMENTAIRE, c'est-à-dire l’exercice par les élus du peuple, de ce que l’on appelle aujourd’hui, la «bonne gouvernance ». Paul Furlan, outre ses fonctions mayorales, est député au Parlement wallon. Socialiste. Dans sa « Carte blanche » au « Soir », vous ne trouverez aucune ligne partisane. Il livre sa philosophie de la nécessité et du rôle de la fonction parlementaire. Il évoque ses interrogations quant à ce qu’il ne qualifie pas de la sorte, mais que nous pensons comprendre : le partage des 3 branches du pouvoir : exécutif, législatif, judiciaire. Sans trop insister, mais sous-entendu : en démocratie, c’est le Parlement, composé de représentants élus de l’électorat qui est le fondement démocratique de la société. Il est dépositaire de 2 missions essentielles : le contrôle du pouvoir exécutif et les propositions d’actions gouvernementales. Même si nous aurions, quant à nous, inversé l’énoncé de ces missions : propositions présentées par le Parlement, contrôle des réalisations gouvernementales issues d’initiatives parlementaires. Mais, pas de sectarisme : l’interaction Parlement- Gouvernement, ce n’est pas mal non plus. Nous aurions plaisir à reprendre, en fin de compte, l’entièreté de la « Carte Blanche » de Paul Furlan, tant elle est proche de ce que nous estimons être l’image d’une saine démocratie parlementaire. Nous invitons, d’ailleurs, celles de nos lectrices, ceux de nos lecteurs qui n’en auraient pas eu connaissance à en consulter le texte complet sur le site du « Soir ». Mais nous ne résistons pas au plaisir d’en épingler quelques citations. « Je crois que les parlementaires wallons passent maintenant plus de temps à courir après les événements qu’à orienter la politique wallonne ». A propos des « affaires », bien sûr… : « Une affaire ou unhomme doivent-ilsêtre jugés d’abord par les médias, ensuite par le Parlement, et enfin par le pouvoir judiciaire…. ? » Avec cette réalité bien connue – et cela, c’est nous qui le disons- qu’une accusation médiatique initiale, aux yeux de l’opinion publique, fait figure de vérité établie bien plus qu’une disculpation judiciaire ultérieure. Paul Furlan cite un exemple ahurissant mais devenu courant : « J’ai entendu des collègues affirmer que, à partir du moment où un homme politique est mis en cause par la presse, il doit démissionner de ses fonctions. Cette affirmation me laisse sans voix car je respecte autant le principe de la présomption d’innocence que le principe de la liberté de la presse ». Nous serons quelque peu plus brutaux que le mayeur de Thuin : le principe de la liberté de la presse, dans cette période troublée, bafoue et anéantit celui de la présomption d’innocence, même s’il y est fait une allusion prudente en fin d’article. Paul Furlan cite une forme bien connue de déviances parlementaires liées à l’information médiatique : « Fait-on du bon travail quand, surfant sur la vague de sensationnalisme ambiant, on interroge un ministre sur base d’un seul article qui révèle des faits délictueux sans apporter de preuves particulières ou sans recouper l’information ?» Le député thudinien, après cette approche mesurée mais fort nette de la foire d’empoigne aux scandales qui est jetée en pâture aux électeurs et électrices, en vient à l’aspect fondamental de son propos : le véritable rôle du Parlement. C’est-à-dire : pourquoi les citoyennes et citoyens cochent-ils une liste ou un nom sur un bulletin de vote ? Que sont-ils en droit d’attendre des personnes auxquelles elles ont délégué leur pouvoir fondamental de décision politique ? Là aussi, Paul Furlan, sans agressivité, en toute simplicité, exprime son opinion, marquée du sceau du simple bon sens et de la saine vision démocratique : «Or, si tout système démocratique est rempli de failles et si le rôle des parlementaires est de mettre le doigt sur ces failles, il est aussi et surtout de proposer des solutions pour y remédier ! » Et, enfin, cette définition claire de l’activité parlementaire : « Il existe des initiatives parlementaires. Des parlementaires déposent des propositions de décret qui envisagent des éléments constructifs pour l’avenir de la Wallonie. Recentrons-nous sur cette noble fonction » Avec, quand même, cette petite griffe : « Restons vigilants plus que jamais sur le contrôle de l’exécutif et n’attendons pas des articles de presse pour poser les bonnes questions au Gouvernement wallon et veiller à la saine gestion quotidienne de la Wallonie » (…) Il est nettement plus difficile de travailler au développement de la Wallonie que de pratiquer la critique systématique de nos institutions ». Ben voyons… ! « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 22/01/2007 @ 13:18
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:55
Catégorie : 2007
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