| Envoi N° 123 du 12/01/2007 Réflexions de début d’année(3) Le message bruxellois : un détonateur ? Dans notre 2ème « Réflexion 2007 », nous terminions en saluant l’apport important de Bruxelloises et Bruxellois à la résolution équitable et raisonnée des problèmes communautaires en Belgique. Il s’agissait d’un appel, sous le titre « Nous existons » adressé par « 100 Bruxellois de toutes origines et de tous horizons … aux responsables politiques et à tous leurs concitoyens ». Cet Appel », paru dansle quotidien « Le Soir » du 20 décembre a, manifestement, atteint son but. D’une part, en l’espace de quelques jours, le nombre de signataires a bondi de plus de 100 à 4000 ! D’autre part, les « responsables politiques » interpellésn’ont pas tardé à réagir. Ce jeudi, 11 janvier, une pleine page du même quotidien est consacrée à trois interventions de personnalités politiques bruxelloises. Ce n’est pas l’explosion médiatique de la « fiction-réalité » de la RTBf, d’accord. Mais ça se situe superbement dans la lignée. Avec un objectif commun : obliger à réfléchir. Un objectif déjà atteint, de toute manière. Les textes publiés ce jeudi 11 janvier dans « Le Soir » se caractérisent par quelques points communs. Essayons de les résumer sans trop tomber dans la caricature : « Nous avons lu votre appel avec beaucoup d’intérêt. Nous nous réjouissons de voir des Bruxelloises et Bruxellois s’intéresser au sort de leur Région. Cela nous conforte dans la lutte que nous menons depuis toujours dans ce sens. D’ailleurs, voyez : telle ou telle suggestion que vous formulez fait partie du programme de notre parti ». C’est de bonne guerre. Au moins, cela signifie que cet « Appel » a secoué les partis. Qu’ils essaient d’en récupérer l’un ou l’autre paragraphe n’est pas bien méchant, à peine opportuniste. Mais, bah !, si cela peut faire bouger les mentalités, c’est déjà du positif. Cela ne doit pas nous empêcher de faire remarquer que le sens profond de cet « Appel » est soigneusement gommé par ces intervenants politiques. Les signataires de ce document ne se contentent pas d’énumérer des revendications bruxelloises. Ils signent une déclaration fondamentale, que nous pensons pouvoir résumer de la sorte : « Finissons-en avec des négociations institutionnelles entre Flamands et « Francophones ». Qu’elles se situent entre représentants des 3 Régions, c'est-à-dire la Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale». Citations extraites de l’ « Appel bruxellois » : « Nous, habitants de Bruxelles-Capitale, refusons que notre sort soit fixé de cette manière (entre partis flamands et francophones, ndlr). Parce qu’il est grand temps d’affirmer que la population bruxelloise ne se laisse pas réduire à deux groupes « Flamands » d’un côté, « Francophones » de l’autre. Parce qu’il est grand temps de laisser pour de bon, derrière nous, une Belgique où deux Communautés se font face, pour permettre que les trois Régions du pays s’épanouissent côte à côte, chacune avec son identité propre et des institutionsefficaces ». Clair, non ? Et d’une logique cartésienne, ce qui n’est pas pour nous déplaire… Complément d’information : « Nous, habitants de Bruxelles-Capitale, sommes nombreux à être nés ailleurs qu’en Belgique. Nous parlons pour la plupart plus d’une langue et, au sein même de nos familles, les langues cohabitent fréquemment. A mesure que l’Europe s’y installe davantage, Bruxelles devient une ville toujours plus internationale et plus complexe, une ville de plus en plus différente de la Wallonie et de la Flandre. » Voilà la phrase-clef : une ville de plus en plus différente de la Wallonie et de la Flandre ! Avec, en point d’orgue, la conclusion ; « Cette complexité constitue un défi. Mais il serait absurde de l’enfermer dans le carcan bicommunautaire ». Cela devait être dit. En toute simplicité. Avec fermeté. Ce ne sont pas les seuls paragraphes de ce texte, marqués du sceau de la rigueur intellectuelle. Nous en félicitons les signataires. Mais il faudra encore batailler dur, amies, amis, pour que les évidences sociologiques, culturelles, politiques prédominent face aux enjeux électoralistes. On y parviendra peut-être, malgré tout, non ? « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 14/01/2007 @ 10:22
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:55
Catégorie : 2007
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