| Envoi N° 121 du 08/01/2007 Réflexions de début d’année…« 2007, année de tous les dangers ! »… Dangers ? Ce genre de message devient ridicule : « année de tous les dangers »… De même que les répétitives « réunions de la dernière chance »….Il y en a eu beaucoup qui n’étaient même pas des « avant-dernières » chances. A croire que le langage médiatique a perdu le sens de l’innovation, du vocabulaire créatif, en se réfugiant dans des poncifs de langage vraiment très proches de la langue de bois officielle. « Année de tous les dangers », parce que 2007 est une année d’élections législatives et que, sans le moindre doute, le volet communautaire va peser de tout son poids dans les négociations de formation du gouvernement fédéral… ? D’accord. L’enjeu est de taille. Nous sommes proches, sans doute, d’un bouleversement, ou, en tous cas, d’une modification importante de l’Etat Belgique – qui en a subi bien d’autres. Possible aussi, au vu des jeux de surenchère, au Nord du pays, que l’on approche d’un scénario de scission, d’éclatement. Et alors ? C’est la fin du monde ? Allons, braves gens, restons les pieds sur terre ! Il y aura, peut-être, une reconversion mentale, disons même sentimentale, à effectuer pour les personnes attachées viscéralement à l’image d’un Royaume rassembleur- dont les mêmes personnes oublient qu’il n’est jamais qu’un traficotage opéré par les grandes puissances européennes, avec la confection d’un trône attribué de façon totalement arbitraire, sans la moindre consultation populaire, à une dynastie teutonne, dont les gens de chez nous – du Nord et du Sud, d’ailleurs- n’avaient jamais entendu parler. Relativisons, donc, mès djins ! Evidemment, il y a eu l’émission « fiction » de la RTBF… Chapeau, les filles et les gars ! On vous aime, pour votre audace, votre manière « capitaine Fracasse » de porter la rapière dans le ronron du « politiquement correct ». Pour votre coup d’estocade pourfendant l’assommant « on n’est demandeur de rien ».En moins de 2 heures, vous avez réussi à réaliser ce qu’un paquet de femmes et hommes politiques n’ont jamais eu la volonté, ni certainement l’audace d’imaginer faire : dire aux Wallons et aux Bruxellois ce qui leur pend au nez. Rien de nouveau, pas un « scoop » dans tout cela. Depuis plusieurs années, dans le plus important quotidien francophone de ce qui est toujours le « Royaume » de Belgique, des personnalités se situant dans le monde politique, philosophique, sociologique, ont adressé aux citoyennes et citoyens des avertissements clairs, simples : « Il est possible, sinon probable, que la Flandre veuille se séparer de l’Etat Belgique ». En fonction de cette probabilité, les mêmes personnalités recommandaient de préparer, en toute sérénité, les modifications institutionnelles qu’il faudrait mettre en place pour que la Wallonie et Bruxelles puissent poursuivre, en commun ou séparément, leur chemin historique, dans le cas de la prise de son indépendance par la Flandre – décision dont il n’estpas question de contester la légitimité, cela, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La stratégie politique du « non demandeur de rien » est compréhensible, certes. On les laisse venir, et on négocie en fonction de leurs revendications. Mais, quand même, cette position est terriblement réductrice. De toute manière, elle est mise en pièce. D’une part parce que un tiers de l’opinion publique flamande, pour le moins, est préparée, elle, à l’éclatement du pays. D’autre part, du fait que l’émission « fiction » de la RTBf a montré aux Wallons et aux Bruxellois une perspective d’évolution que l’on essayait de leur cacher. Cela dit, revenons à cette antienne de « l’année de tous les dangers ». Il n’y a pas plus de dangers aujourd’hui qu’hier. Belgique unitaire, confédéralisme, scission ou n’importe quel scénario, la réalité, pour la vie quotidienne des gens, c’est quand même que l’on construise une société dynamique, orientée avec enthousiasme sur l’avenir des générations à venir. La réussite de ce que l’on a (si mal !) appelé « plan Marshall », est drôlement plus importante pour les Wallons que les inévitables modifications institutionnelles que nous connaîtrons avant la fin de cette année. Ca, c’est le boulot de la Wallonie, pour son futur, quel que soit le cadre dans lequel elle évoluera au cours des prochaines années … et décennies.. A vous de jouer, Monsieur Marcourt, en votre fonction de Ministre wallon de l’Economie et de l’Emploi. Nous apprécions votre discrétion, votre refus d’effets de manches et d’annonces. Nous attendons de vous une efficacité n’ayant rien de commun avec les caquetages de poulailler en folie devant les « dangers » d’un éventuel raid de goupil flamand en quête vorace de volaille wallonne à égorger. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 14/01/2007 @ 10:17
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:56
Catégorie : 2007
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