Réflexion N° 117 du 12/12/2005BioWanze et l’exemple suédoisLe vendredi 2 décembre, le Ministre wallon de l’Economie, de l’Emploi et du Commerce extérieur, Jean-Claude Marcourt, organisait une conférence de presse à Wanze, dans la perspective de la concrétisation du projet porté par la Raffinerie tirlemontoise : BioWanze. Ce n’est pas la première fois que nous faisons allusion à ce projet. Ce n’est certainement pas la dernière puisque les décisions du Conseil d’administration de la Raffinerie, d’une part, et celles des autorités politiques fédérale et wallonne d’autre part, seront connues dans les tout prochains mois à venir. L’information n’a pas vraiment fait la « Une » des médias. Il nous a fallu chercher quelque peu pour la découvrir dans les quotidiens alors que, reconnaissons-le, la chaîne «Vivacité » de la RTBf y avait consacré quelques billets. Un article succinct mais joliment concentré, aussi, dans « Le Soir en ligne » du 3 décembre. Nous regrettons, bien sûr, le peu de cas que font les médias des efforts concrets, subsidiés, consentis par la Région wallonne dans les domaines économiques, technologiques, environnementaux (avec leurs répercussions évidentes en matière d’emplois). Mais, d’expérience personnelle, il faut bien dire que la « communication » est loin d’être parfaite de la part des services des ministères wallons. Nous savons que le plus important c’est de travailler, de mettre en place des politiques efficaces de développement. Et, quand on travaille vraiment, on n’a pas beaucoup le temps de pérorer. Cependant, au moment où un ouragan de démolition du travail et de l’utilité du monde politique balaie la Wallonie, il nous semble qu’il faudrait passer à la contre-attaque et opposer à ces poussées de poujadisme débilitant les réalisations en cours ou en projets, nettement plus porteurs pour l’avenir que les truculentes mais dérisoires dérives des logements sociaux ou cette saga ridicule de la Formule 1 qui commence à lourdement casser les pieds (nous sommes polis…) de la toute grosse majorité des citoyennes et citoyens. L’option pour les biocarburants est particulièrement exemplatif, à ce propos. Le Ministre Jean-Claude Marcourt, à Wanze, a eu ces phrases qui nous paraissent fondamentales dans les perspectives de développement wallon : « Enfin, le bioéthanol est le point de départ d’une véritable filière d’avenir, tant pour l’industriel que pour les agriculteurs. Des recherches, subsidiées également, devront être menées afin d’améliorer l’ensemble du processus et de ses nombreux débouchés ». Voilà un langage politique responsable. La Région wallonne s’engage, ces jours-ci, dans la voie de la production de bioéthanol, à base de betteraves, afin d’alléger la dépendance à l’égard des produits pétroliers. Autant savoir qu’on roule avec un carburant produit par le fermier voisin que par les esclaves des monarchies du Golfe. Non ? L’objectif initial, correspondant à des recommandations européennes pas très nettes, est l’incorporation de 7 % de bioéthanol dans notre plein d’essence. Nous voulons croire que ce n’est qu’un début. Mais ce produit, venu du travail de nos agriculteurs, n’a pas une destination orientée uniquement vers la diminution de gaz à effet de serre envoyés dans l’atmosphère par nos bagnoles. L’industrie est, aussi, demandeuse d’éthanol. Les transports en commun, également. C’est là que l’allusion de Jean-Claude Marcourt, sur « la filiale d’avenir », prend tout son sens. Dans un article d’un grand intérêt publié par « Le Soir » (29-11-05) sous le titre édifiant : La Suède fait le pari de carburer à l’éthanol », nous lisons : « Ce vaste plan vient de présider à l’inauguration de la première ligne de train roulant au biogaz » C’est dire qu’il y a de l’avenir dans les bioénergies… Et que cela peut générer des activités de Recherche & Développement devant déboucher sur de nouvelles sources de richesse. Donc sur des emplois. Nous venons de citer cet article sur la politique suédoise de bio carburants. Nous nous faisons plaisir, en quelque sorte, en citant quelques points spectaculaires des orientations politiques suédoises : -une essence contenant 85% de bioéthanol pour 15% d’essence classique (au nom de «E 85 ») est en vente en 300 stations-services. Dans 2 ans, il y en aura 2500. -« En 2020, plus aucune habitation n’aura besoin de pétrole pour se chauffer. Et plus aucun automobiliste ne sera obligé d’utiliser du pétrole » - déclaration de la ministre du Développement soutenable, Mona Sahlin. -Incitants financiers pour les véhicules roulant au bio : parkings gratuits, pas de péage à Stockholm, 20% de réduction de la taxe de circulation, carburant détaxé -« Demain, la Suède ambitionne de délivrer de l’éthanol à 100% » -le bioéthanol, aujourd’hui, est importé du Brésil et de France. Mais la Suède est occupée à installer 5 unités de production de bioéthanol à base de déchets forestiers – dont elle ne manque pas vraiment ! Ambitieux… ? Les Suédois n’ont pas la réputation d’être un peuple de petits sots prêts à se lancer dans des aventures fantaisistes et casse-gueule. Leur réussite économique, sociale et environnementale est citée à tous bouts de champs. Alors ? A propos d’importations suédoises, il faut souligner que l’usine de Wanze produira 125.000 m3 pour la consommation nationale mais, en plus, 175.000 m3 pour l’exportation. Qui partiront des bords de Meuse, où la Région wallonne financera des installations portuaires. Mais qu’on en parle, bon Dieu, de ces projets en voie de concrétisation ! Dans un langage qui suscite l’intérêt des gens. Et leur compréhension, parce que, de ce côté-là, l’accumulation des chiffres et des termes techniques, ce n’est pas toujours un cadeau…. « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 11:16
Dernière modification : 30/08/2006 @ 11:16
Catégorie : 2005
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