Réflexion N° 116 du 21/11/2005Le « Plan Marshall » dans le concret Il y a, vraiment, une Wallonie à deux vitesses….politiques. Depuis 2 mois, le Parlement et le Gouvernement wallons sont agités par des incidents et événements qui occupent complètement la scène médiatique. Ce furent les dérives constatées dans la gestion des sociétés de logements sociaux … qui, pourtant, n’auraient pas dû les concerner directement, d’autant plus que la dénonciation de ces faits se basait sur les audits commandés par la Société Wallonne de Logement, sous tutelle du pouvoir politique wallon ! Cette poussée d’adrénaline était en voie d’apaisement quand a éclaté l’affaire du contrat conclu avec Ecclestone pour l’organisation du circuit de Formule 1 à Francorchamps. Que nos responsables politiques le sachent : le commun des mortels ne comprend strictement rien à ces joutes et débats où l’on ne sait qui accuse qui, ni de quoi, ni pourquoi. Ce que l’opinion publique perçoit, en toute simplicité, c’est que c’est un fameux foutoir mais qui, en fin de compte, n’a profité aux comptes en banque de personne, ce qui, vu d’en bas, est quand même l’essentiel. Cela, c’est le volet politique-spectacle. Celui qui permet de noircir des pages et des pages de toutes les gazettes. Et, d’autre part, il y a l’effort de redressement économique entrepris par le Gouvernement wallon. Une opération d’ampleur considérable qui, elle, concerne la totalité des Wallonnes et des Wallons. Pour l’avenir. Au moment où l’on s’égosillait, à Namur, à propos de la Formule 1, 3.000 personnes se pressaient à Louvain-la-Neuve, ayant répondu à l’appel de Jean-Claude Marcourt, Ministre de l’Economie, de l’Emploi et du Commerce extérieur par leur participation au forum CréaWal ! Avec, comme centre d’intérêt essentiel, la réussite du « plan Marshall » par la création d’activités et d’emplois. La comparaison des enjeux respectifs de ces 2 « actualités » pour la Wallonie est stupéfiante. Autant que la disproportion aveuglante en matière de« couverture » médiatique de l’un et de l’autre. Nous avons la déplaisante impression que tout ce que la Région wallonne met en place pour un projet à long terme, doté de moyens important budgétisés, ciblés sur des axes bien précis, est systématiquement, sinon ignoré, en tous cas masqué par un écran de fumée, au profit du sensationnalisme, parfois à la limite du ridicule. Heureusement, tout le monde ne réagit pas de cette manière épidermique, voire infantile. « La volonté de changement est présente depuis le Contrat d’Avenir, qui a affirmé la volonté des autorités régionales de voir la Wallonie rompre avec la suspicion qu’elle a longtemps nourrie envers l’entreprise. Depuis lors, on entend dire qu’il faut promouvoir l’initiative et valoriser la culture du succès … Pour soutenir ce « coup de fouet », le plan Marshall peut marquer un changement, une étape positive sur la voie du redressement. D’abord parce qu’on nous dit qu’il ne s’agit pas d’un plan supplémentaire, mais d’actions. Nous pourrons donc rapidement vérifier qu’elles sont mises en œuvre. Ensuite, parce que, cette fois, on a osé se concentrer sur la création d’activités. … Les importants moyens débloqués pour assainir plus rapidement les friches industrielles sont, en ce sens,une mesure porteuse. … Dès à présent, on peut toutefois dire qu’un niveau de pouvoir qui choisit d’alléger sa fiscalité particulièrement sur les entreprises, envoie un message positif à l’investisseur. … En quelques mots, ce plan Marshall est une initiative intéressante parce qu’elle confirme la volonté des pouvoirs publics wallons d’accorder clairement la priorité à la création d’activités. Ce sont des actions concrètes qui visent à définir un cadre plus favorable à l’entreprise. Réduire la fiscalité sur l’entreprise, accélérer l’assainissement des friches industrielles, mieux prendre en compte les besoins du marché dans la définition des formations sont des signaux positifs, tout comme les moyens investis dans la recherche avec pour objectif de favoriser sa transposition industrielle et commerciale. Ce plan doit être soutenu par les acteurs économiques, tout comme il engage les pouvoirs publics à se montrer à la hauteur des attentes qu’ils génèrent ». De qui sont ces lignes ? De Van Cau ? De Di Rupo? D’André Antoine, de Serge Kubla, voire de Daras? Eh bien, non : elles sont extraites d’un très long entretien mené par Frans Crois et Amid Faljaoui pour le compte de l’hebdomaisre « Trends-Tendances » (10-11-05) avec… Albert Frère, le patron (baronnisé) de la Compagnie Nationale à Portefeuilles (CNP), siège social, Gerpinnes. Un monsieur dont on peut penser qu’il sait de quoi il parle. Relevons ce bout de phrase : « Nous pourrons donc rapidement vérifier qu’elles sont mises en œuvre ». Eh bien, oui : vérifions… « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 11:15
Dernière modification : 30/08/2006 @ 11:15
Catégorie : 2005
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