Réflexion N° 111 du 10/10/2005La Wallonie, c’est ça la prioritéDans ses pages « Eco » du jeudi 6 octobre, le journal « Le Soir » sur-titre « Conjoncture : L’effet d’annonce du plan Marshall a dopé le moral des chefs d’entreprise en septembre » et titre : « Les patrons wallons euphoriques ». L’entrée en matière de l’article est percutante : « Cela nous a étonnés nous-mêmes, avoue Ivan Van de Cloot, l’économiste d’ING Belgique. Et la seule explication est l’annonce du plan Marshall ». La surprise, c’est le soudain regain de confiance des patrons wallons. Le baromètre de confiance de la Banque Nationale de Belgique pour le mois de septembre, a un effet explosé au Sud du pays. Les patrons wallons ont même meilleur sentiment que leurs confrères flamands alors que, pourtant, ils avaient le moral dans les chaussettes. » Ca fait toujours plaisir à lire. Inquiétude quand même : « Je crains que ce niveau ne soit pas tenable, ajoute Ivan Van de Cloot. Les derniers événements politiques wallons pourraient à nouveau miner cette confiance ». Ce monsieur a, en quelques mots, clairement identifié la situation à laquelle se trouve confrontée la Wallonie. D’un côté, une confiance quasi enthousiaste avec l’annonce du « plan Marshall » ( ajustementet concrétisation ciblée et chiffrée… du Contrat d’avenir déjà plébiscité par le patronat et les syndicats, rappelons-le !). D’autre part, l’éventuelle répercussion catastrophique de la démission du Ministre-Président du Gouvernement wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe, dont on connaît l’implication vigoureuse dans le lancement et la mise en œuvre de ce plan de relance pour la Wallonie. Le problème n’est pas économique. Il est misérablement politicien, voire politicard. N’est-il pas ahurissant que les pratiques de certains mandataires d’une société d’habitations sociales, à Charleroi, soient utilisées pour déstabiliser un Gouvernement wallon en passe de prendre à bras le corps, en s’en donnant les moyens sans aide extérieure, l’édification d’un programme d’avenir pour près de trois millions et demi de Wallonnes et de Wallons ?. Et que l’on ne nous parle pas d’ « effet d’annonce ». Un milliard d’Euros engagés, tirés de sources bien déterminées, et pas sur du vent, dont l’utilisation est clairement précisée, ce n’est pas le claironnement irresponsable de création de 200.000 emplois du premier ministre du gouvernement fédéral. La disproportion aveuglante entre l’accusation des minables indélicatesses reprochées à De Spiegeleer, Liesse et Van den Berg, à « La Carolorégienne » ( à côté d’autres faits de ce genre, en plus, c’est tellement dérisoire…) et l’urgence d’une politique cohérente, programmée à long terme, de redressement wallon, nous sidère. Et, honnêtement, nous ne comprenons guère que Van Cau ait jeté le gant. Mais cela, c’est du ressort de sa propre perception de l’événement. Heureusement, il apparaît que le Gouvernement wallon n’a pas sombré dans un fatalisme débilitant. Le 7 octobre, le Ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, présentait la « coupole » au nom étrange « SOWASTIME » chargée de coordonner et contrôler les 70 ( !) organismes actuels (subsidiés…) dont la mission consiste à soutenir la création d’entreprises. Dans le même temps, la Ministre en charge de la Recherche, Marie-Dominique Simonet, annonçait la mise en place de l’Agence wallonne de stimulation technologique, destinée, elle aussi, à rationaliser et mettre en réseaux la cinquantaine ( !)de « structures d’intermédiation scientifique et technologique » afin, notamment, d’en rendre l’accès aisé aux PME. Et aussi André Antoine, Ministre de l’Energie, qui veut améliorer le système de primes aux installations de captation solaire afin de les rendre accessibles aux personnes à moindres revenus. Ca, c’est du boulot. Mais, bien sûr, il est plus comique et plus rentable sur le plan du lectorat et de l’audimat de jeter à la volée les soupçons sur les liens (strictement professionnels et légitimes, par ailleurs) entre le bureau d’avocats Van Cauwenberghe-Lemal, avec « La Carolorégienne » que de mettre en valeur les actions, engagées de façon concrète et à vision de long terme, pour le redressement wallon. Mais le long terme, ça n’est pas payant en matière médiatique. Il faut du « saignant », quotidien. A la Le Pen. La Wallonie a besoin qu’on resitue clairement les priorités. Et celles-ci sont évidentes. C’est rendre la confiance par une politique volontariste de mise en valeur de nos potentialités. En saine démocratie, l’opposition joue son rôle critique. Et c’est un apport éminemment positif, même s’il adopte des formes acerbes. A condition de ne pas tomber dans un poujadisme volontairement paralysant . Que chacune et chacun, au-delà des clivages et des affrontements idéologiques, ait à cœur ce qui doit être le but ultime de la démarche politique : le destin d’une Wallonie qui a bien besoin du concours de l’ensemble de la société. Pour s’affirmer en tant que Nation. « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 11:07
Dernière modification : 30/08/2006 @ 11:07
Catégorie : 2005
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