| Envoi N° 172 du 18/06/2008 L’offensive des Régions (9) « Réduire la voilure de la Communauté française » La phrase que nous épinglons ci-dessus, en sous-titre, est du ministre wallon de l’Economie et de l’Emploi, Jean-Claude Marcourt. Elle se trouve au centre de l’entretien qu’il a accordé au quotidien « Le Soir » (parution le 9 avril 2008). Titre choisi par le rédacteur de ce journal, Hugues Danze, pour cet article : « Marcourt, régionaliste pur ». Avec ce commentaire : « Jean-Claude Marcourt sort de sa réserve. Et assène un discours politique que ne renierait pas le plus fervent des régionalistes wallons ». Non seulement, ajoutons-nous, ils ne le renieraient pas mais ils s’en trouvent considérablement confortés. Car le ministre en question n’est pas connu pour cultiver le sensationnalisme ni les effets de manche, ni la démagogie. Au sein du gouvernement wallon, être chargé de l’Economie et de l’Emploi, gérer, avec le succès que plus personne ne nie, la mise en pratique du « Plan Marshall », ce n’est certainement pas une sinécure. Le monsieur impose le respect par ses compétences, son sens de la mesure, sa discrétion. Et personne n’oserait dire de lui qu’il est « un proche de Van Cau », cette formule tellement à la mode qu’elle en devient lassante, et qui équivaut à un rejet du « proche » dans la géhenne de la suspicion. Encore que, la similitude de prénoms, c’est dangereux. Ce qui vaut aussi pour Jean-Claude Vandermeeren, encore secrétaire général de la FGTB wallonne, voici quelques semaines, et rigoureusement étiqueté « régionaliste ». La chasse aux sorcières, ce n’est pas seulement à Salem que ça se passe… Et 3 Jean-Claude sur la même longueur d’ondes, cela peut sentir le soufre, pour certains odorats délicats… Et que dit-il, J-C Marcourt, dans son entretien paru le 9 avril ? Des choses fondamentales, sans fioritures, brutales dans leur simplicité verbale : « Il faut sortir de cette notion de nation francophone au sens strict » Paisiblement courageux, le Monsieur ! Dur à entendre pour certain(e)s. Et, pour être clair, de préciser : « La Communauté française est une passerelle francophone, mais nous avons, surtout, 2Régions. La Wallonie est une réalité institutionnelle. Bruxelles l’est aussi. Aujourd’hui, les 3 piliers de l’Etat fédéral, ce sont les 3 Régions ». Quand t’as dit ça, t’as tout dit. Pas moyen de chercher une interprétation jésuitique tarabiscotée. C’est clair, net, précis. Et voici la substantifique moelle de la pensée ministérielle : « Pour moi, le projet politique fondamental, c’est l’émergence socio- économique de la Wallonie. Nous avons été trop longtemps focalisés par l’architecture institutionnelle, en disant que c’était essentiel. Non ! Le vrai projet, c’est l’amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens. Il faut rendre confiance aux Wallonnes et aux Wallons, leur dire qu’ils ont la capacité de gérer leur destin ». Ouf, ti ! Assommés, ridiculisés, ceux et celles qui n’arrêtent pas de prêcher aux gens de Wallonie l’acceptation humble et soumise d’une quelconque puissance tutélaire pour diriger leurs pas maladroits… ! Passons au concret, et ça va faire mal, en certains milieux :: « Ce qui est fondamental, c’est que toutes les compétences qui pourraient être transférées du fédéral soient prioritairement transférées à la Région. On pourrait ensuite réduire la voilure de la Communauté française ». Pour être plus précis encore : « Je pense qu’en terme de culture, il faudrait un exercice plus fort au niveau des Régions. Au niveau de l’enseignement supérieur et universitaire, les normes de financement sont similaires, on pourrait dès lors se dire que la Communauté n’exercerait plus le pouvoir organisateur ». La personne qui énonce, en toute sérénité, des propositions pareillement dérangeantes n’est pas un farfelu, un agité, un intégriste du fait régional. Il assume des responsabilités particulièrement ancrées dans les préoccupations, les craintes et les espoirs de tout un chacun : le développement de l’économie, source de richesses d’une part, l’évolution positive du taux de l’emploi d’autre part. Il sait, par conséquent, de quoi il parle. Et son avis pour ce qui concerne la prise en main de l’enseignement supérieur, ça, c’est d’une importance capitale. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 19/06/2008 @ 18:19
Dernière modification : 19/06/2008 @ 18:19
Catégorie : 2008
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