Réflexion N° 109 du 22/09/2005Penser wallon, agir wallonEn lisant, dans les colonnes d’un grand quotidien francophone de la capitale fédérale, la relation (en 20 lignes… !) du discours prononcé par le Ministre-Président du Gouvernement wallon, à l’occasion des Fêtes de Wallonie, à Namur, nous pourrions penser que Jean-Claude Van Cauwenberghe s’est borné à clamer son attachement à l’évolution fédérale de la Belgique, évolution sans laquelle « notre pays aurait purement et simplement éclaté ». Pour bien insister sur ce qu’il présente comme un « changement de dialectique », le journal en question y va d’un commentaire au titre quelque peu sarcastique « L’extinction de voix des régionalistes ». Il ne nous semble pas, pourtant, que cette position de loyauté à l’égard de l’Etat fédéral soit un fait nouveau de la part de Van Cau ni du Gouvernement wallon. Au contraire, on pourrait même parler de continuité. Nous croyons d’ailleurs nous souvenir de ce que, l’an dernier, à pareille époque, le même quotidien frappait déjà sur le même clou et dans des termes fort semblables, teintés d’ironie. Il n’y a là rien de très préoccupant. Un peu irritant, au plus. Ce que nous regrettons, c’est que les commentateurs fournissent, de la sorte, une vision aussi dérisoire, réduite, tronquée, d’un message politique. Car, à notre sens, l’essentiel de ce discours du 17 septembre, sa pièce maîtresse, était ailleurs. Et ne pas en faire mention relève de la désinformation. Il s’agit des mesures prises pour réussir le redressement de la Wallonie et, surtout, de la responsabilité de chacun à s’associer à l’action du Gouvernement wallon, lequel «n’a pas la capacité de décréter la prospérité en Wallonie mais veut actionner tous les leviers à sa disposition pour lever un maximum d’obstacles à son retour ». Avec ce qui nous paraît une phrase-clef : Dans ce domaine, je pense pouvoir affirmer qu’une Région qui supprime l’imposition sur les investissements dans le matériel et l’outillage, qui ramène à zéro ses droits de navigation, interdit la fiscalité antiéconomique des provinces, allège de façon sélective la fiscalité communale et fait fondre ses droits de succession et de donation, envoie un message sans ambiguïté à celles et à ceux qui souhaitent entreprendre chez nous ». Et de faire remarquer : En se privant, en 4 ans, de près de 100 millions d’Euros de fiscalité régionale, provinciale ou locale, le Gouvernement wallon veut susciter la confiance des ménages, élément capital pour stimuler la consommation et inciter les acteurs économiques à sortir de leur frilosité » Mais, bien sûr, le grand quotidien, superbement respectable, n’en a rien à cirer. C’est plus comique, bien sûr, de titiller le lectorat sur la prétendue rentrée dans le rang belgicain des dirigeants wallons. En omettant, surtout, de répercuter ces 2 appels de Van Cau : « Au sous-régionalisme, nous avons opposé l’obligation de, désormais, « penser wallon » et « agir wallon » et, à l’adresse des partenaires espérés du redressement wallon, «… nous attendons de tous les acteurs qu’ils « jouent wallon » en s’unissant autour d’une même conception de l’intérêt régional et affirment leur attachement à la Wallonie ». Eteinte la voix des régionalistes ? « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 11:05
Dernière modification : 30/08/2006 @ 11:05
Catégorie : 2005
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