Réflexion N° 108 du 09/09/2005Fêtes de Wallonie : entre crainte (Sonaca) et espoir (plan Marshall)Nous avions pensé que ces Fêtes de Wallonie, date fétiche de la vie politique wallonne, dégageraient un optimisme particulier, auraient un parfum d’espoir robuste et raisonné. C’est que le « plan Marshall » apportait un message très fort : la Wallonie définit ses actes prioritaires d’action et se donne les moyens d’en assurer la réalisation, sans rien demander à personne. L’accueil réservé à ce plan, que ce soit dans le monde politique (flamand compris !), dans les médias, du côté du patronat et dans les sphères syndicales, donnait une vision d’unanimité approbatrice peu commune. Et puis, quelques matins plus tard, la direction, puis le conseil d’administration de SONACA annonçaient une nouvelle restructuration de l’entreprise gosselienne comportant la suppression d’un tiers des emplois et des mesures de compression des dépenses à charge des travailleurs. Nous essayons de rester « sereins » mais, avouons-le, c’est fort malaisé. Ce l’est encore plus pour le personnel qui apprend, avec stupéfaction, qu’il va être durement, cruellement, sanctionné pour des fautes qu’il n’a pas commises. Et cela alors que l’usine tourne à plein, avec une frénésie de recours aux heures supplémentaires, de travail de week-end, de pauses agencées de manière à accélérer la production ! C’est l’incompréhension, l’angoisse, la colère. Et cela quelques heures à peine après que la Gouvernement wallon ait demandé aux syndicats de s’associer au plan de redressement de la Wallonie en s’efforçant de maintenir la paix sociale ! Mais, en toute honnêteté, qui, ici, met en danger la paix sociale ? Le Gouvernement wallon a lancé également un appel, tout à fait justifié, aux entrepreneurs privés, pour qu’ils collaborent à l’effort de redressement. Prioritairement en matière d’emploi. Les événements de SONACA ne constituent pas précisément un bon exemple puisque, en la matière, le patron, c’est… la Région wallonne. Nous avons lu et écouté avec attention Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Economie, dont le discours est toujours marqué du sceau de l’analyse rigoureuse, en dehors de toute démagogie. Nous l’entendons bien lorsqu’il dit que le « plan Marshall » définit des priorités à long terme, stratégiques, et, si nous comprenons bien, n’a rien à voir avec des aléas de tactique industrielle, d’impact momentané. N’empêche : décider une dépense d’un nombre respectable d’Euros pour le développementd’un « pôle de compétitivité » axé sur l’aéronautique et le spatial, puis, immédiatement après, entendre la direction de l’entreprise en pointe de ce secteur annoncer la suppression de près de 300 emplois, cela apparaît comme le plus catastrophique lancement de l’opération. Nous voulons croire que le Gouvernement wallon interviendra dans ce qui apparaît déjà comme un risque de conflit majeur et de perte de crédibilité. En refusant, notamment, d’accepter pour argent comptant les arguments de la direction et du conseil d’administration. En se penchant sur les déficiences récurrentes en matière de gestion et d’organisation du travail montrées du doigt ces dernières années par des observateurs pas seulement syndicaux. En se posant des questions sur les pertes importantes enregistrées en 2004 dans l’achat d’entreprises canadiennes et nord-américaines. Et aussi sur le rôle de sous-traitantes dévolu aux filiales brésiliennes en passe de devenir concurrentes de Gosselies, alors qu’elles ont été créées avec l’argent des contribuables wallons. Deux cent septante-neuf emplois, c’est l’équivalent de combien de PME à créer dans le cadre du « plan Marshall » ? « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 11:03
Dernière modification : 30/08/2006 @ 11:03
Catégorie : 2005
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