| Envoi N° 169 du 30/05/2008 L’offensive des Régions (6) « Revendiquons la Région ! » Le texte auquel nous désirons faire écho aujourd’hui, paru dans « Le Soir » du 29 février dans une page « Cartes blanches », a été cité comme l’expression de Christophe Collignon, jeune régionaliste, fils de son père Robert, une de ces glorieuses « grandes gueules » dont parle avec élégance le même quotidien. Lequel, dans son article « Wallons en quête d’un second souffle » (05-04-08), précise que « les rangs des anciens se sont vidés » et que « en dehors du fils Collignon, d’Eliane Tillieux et de Sébastien Pirlot, les jeunes sont aux abonnés absents ». Faut-il en conclure que les rédacteurs du grand quotidien francophone oublient de lire leur propre journal ? C’estplus d’un mois auparavant qu’a paru dans les colonnes du « Soir » la « carte blanche » « Vous pouvez dire à nos mères que nous sommes régionalistes ». Comme signataires, Christophe Collignon figure en première position. Tout simplement pour respecter l’ordre alphabétique.Car la liste des auteurs de ce texte s’établit de la sorte : Christophe Collignon, sénateur de Communauté, Jacques Gennen, député- échevin, Charles Jansens, député- bourgmestre, Guy Milcamps, député- bourgmestre, Sébastian Pirlot, député- bourgmestre, Eliane Tillieux, députée » Ben…. il est pas mal accompagné le jeunot … ! Ils sont quand même 6 élus pour signer cet article. Si on les ajoute à Collignon père, à Happart, à Van Cau, à Dehousse, à Van der Meeren, et à d’autres qui ne sont pas non plus encore morts (même si on les « enterre » régulièrement….), ça fait un joli paquet de « régionalistes » qui ont quelque chose à dire. Et qui le disent. Car ces six mandataires soucieux de faire savoir à leurs mères qu’ils sont régionalistes, livrent une prose dont il faut souligner à la fois la qualité littéraire, la retenue dans l’expression et la clarté de position politique. Position politique ? Lisons : « …. Le régionalisme n’est pas mort en Wallonie. Il n’est pas, comme on s’est complu à nous le faire croire, la seule affaire de quelques nostalgiques de combats désuets. Au contraire, c’est au nom du pragmatisme que s’impose la voie régionaliste afin que la Wallonie assume idéalement sa destinée économique ». Utile précision : « Il est temps de faire taire, ici, une hérésie. On ne naît pas régionaliste. On le devient. Par nécessité. Et puis, aussi, par ambition (….) Les Wallons ont mené un combat pour maîtriser leur économie. Ce combat n’est pas achevé (...) » Réplique limpide à la « note Uytendaele : « En tant qu’élus wallons, nous aimerions rappeler aux traceurs de plans sur la comète que, jusqu’à nouvel ordre, la Wallonie est une région à part entière et qu’elle entend le rester » Et nous voilà au cœur de l’avenir institutionnel de la Wallonie – et de Bruxelles, par la même occasion : « …. Le premier train de transfert de compétences est là (Rappelons que cette « carte blanche » a paru fin février –NDLR). Et il est le fruit d’un débat institutionnel qui se fait, une fois de plus, de Communauté à Communauté. Nous sommes, pour notre part, convaincus que les choses seraient plus claires s’il avait lieu entre Régions. Ce serait donner sa pleine mesure à l’article 35 de la constitution ». Nous en arrivons au paragraphe qui nous paraît le plus significatif : « ….cessons de rêver à Dieu sait quelle fusion de la Communauté et de la Région, ce qui aurait pour effet de nier purement et simplement les spécificités wallonnes et bruxelloises. N’imaginons pas plus de résoudre nos problèmes intrafrancophones par la création d’une entité Wallonie- Bruxelles, ce qui aurait pour effet d’effacer, au moins symboliquement, le profil régional de la Wallonie » Et, pour qui s’obstinerait à ne pas comprendre : « ... envisageons enfin sérieusement le fait que la Wallonie devrait exercer des compétences relevant aujourd’hui de la Communauté française, institution structurellement problématique » C’est dit. Sans fioritures. Que ça plaise ou non. Langue de bois à la poubelle. Oui mais, la solidarité avec Bruxelles ? « Il est une autre contre-vérité qu’il esttemps de faire taire, une fois pour toutes. C’est celle qui voudrait qu’affirmer la Wallonie serait obligatoirement synonyme de repli sur soi. Les Wallons n’ont pas à rougir de leur manière d’assumer leur solidarité avec Bruxelles. Ils ont, d’ailleurs, déjà payé un lourd tribut à la solidarité francophone. Il ne manquerait plus, à présent, qu’au nom de cette solidarité, la Wallonie cesse d’exister ». C’est, pourtant, ce à quoi rêvent certains « francophones ». Et pas seulement Marc Uytendaele, hélas ! « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 03/06/2008 @ 08:48
Dernière modification : 03/06/2008 @ 09:04
Catégorie : 2008
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