Réflexion N° 107 du 08/09/2005L’expression « Plan Marshall » : pas vraiment une nouveautéAu cours des deux dernières semaines, la Wallonie a joué le rôle de vedette dans l’annuel ballet de rentrée politique. Cela faisait plaisir à voir et à attendre. Pendant des dizaines d’années, nous avions été habitués à une infinie discrétion de la part des médias. Les débats au Conseil régional wallon, puis au Parlement wallon étaient traités comme des informations de 3ème zone, sinon ignorés. Et les décisions de l’ex Exécutif de la Région wallonne, puis du Gouvernement wallon faisaient l’objet d’articulets souvent condescendants, la plupart du temps sarcastiques. Il est vrai que les choses ont quelque peu changé voici à peu près un an, avec les annonces à répétition de naufrage imminent pour la Wallonie. Tout à coup, les experts en catastrophe se sont bousculés pour fournir des diagnostics alarmés sur l’état de santé économique wallonne. C’était pas du plus haut comique, mais, enfin, soyons de bon compte, voilà qu’on en parlait enfin de la Wallonie. Pas florissante, certes, mais vivante, en tous cas. Et puis est tombée, de la bouche d’Elio Di Rupo, l’expression, devenue célèbre, en quelques minutes, d’un « plan Marshall pour la Wallonie ». Ce fut la ruée médiatique sur ce que certains considéraient comme le passage à la guillotine de Van Cau des œuvres de son propre président de parti. Les choses ne se sont pas passées de la sorte. C’est Jean-Claude Van Cauwenberghe qui a finalement présenté, devant un nombre impressionnant de journalistes, ce « plan Marshall », définissant et budgétisant une demi-douzaine d’actions prioritaires pour la Wallonie. L’expression « plan Marshall » avait fait mouche. Les médias adorent les formules-choc et le président du PS n’a plus à démontrer ses talents de communicateur. Cependant, au vu de l’élaboration de ce plan, le terme « Marshall » est tout à fait impropre puisque, dans le cas présent, c’est la Wallonie elle-même qui se donne les moyens financiers pour le réaliser, contrairement à ce qui s’était passé dans l’immédiat après-guerre, où les Etats-Unis venaient en aide à l’Europe. Donc, en fin de compte, bon vent à ce « plan Marshall » et au redressement wallon. Nous devons, pourtant, à la vérité historique de dire que cette appellation n’est pas vraiment une trouvaille inédite. Effectuant une recherche dans les déclarations d’hommes politiques wallons au cours des deux dernières décennies, nous avons découvert un paragraphe intéressant figurant dans un discours prononcé à l’occasion de récentes « Fêtes de Wallonie », à Namur. Enumérant les mesures « prises ou en cours d’élaboration » par le Gouvernement wallon pour la « stimulation de l’économie », la personnalité concernée cite : « C’est la concrétisation du droit au logement décent pour tous, avec le véritable « plan Marshall » que nous avons lancé pour la construction et la rénovation de logements sociaux : un milliard d’euros investis qui, au-delà de son utilité sociale, représente 3500 emplois par an et un apport appréciable au secteur de la construction ». Et qui était l’inventeur de cette dénomination ? Eh bien… Jean-Claude Van Cauwenberghe, déjà Ministre-président du Gouvernement wallon, en septembre 2003. Amusant, non ? Nous ne savons si la SABAM a été contactée pour un éventuel paiement de droits d’auteur…. « Vivre en Wallonie » asbl
Date de création : 30/08/2006 @ 11:02
Dernière modification : 30/08/2006 @ 11:02
Catégorie : 2005
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