| Envoi N° 166 du 08/05/2008 L’offensive des Régions (3) La réplique à la « note Uytendaele » Nous terminions notre dernière « Réflexion » en notant que la « note Uytendaele », adressée àla Commission Wallonie- Bruxelles, avait provoqué des réactions énergiques de la part de ce que l’on appelle les « régionalistes ». Réactions n’ayant pas bénéficié d’une couverture médiatique identique à celle accordée à l’éminent constitutionnaliste dont la « note » proposait un n-ième échafaudage institutionnel dans lequel disparaissait la Wallonie.. Dans la double page consacrée, le 5 avril, par « Le Soir » aux « Wallons en quête d’un second souffle », il y est cependant fait allusion. Il est vrai que certaines de ces prises de position ont paru dans les colonnes de ce journal, sous forme de « cartes blanches » notamment. Le plus surprenant est le silence quasi-total dans lequel fut accueillie l’une des premières - sinon la première – réplique à la note Uytendael : « La lettre aux Wallons » de Jean-Claude Van Cauwenberghe, datée du 14 février. Certes, l’ex-président du gouvernement wallon est traité comme un pestiféré, en certains milieux, à la suite des « affaires » de Charleroi. Est-ce une raison pour ne pas faire écho à un document dont la rigoureuse argumentation constitue une analyse impitoyable de la note en question ? Citons un morceau choisi de l’entrée en matière : « … Marc Uytendaele a déjà apporté au monde francophone les plans d’une architecture institutionnelle clef sur porte. Pas de chance pour les Wallons, ils ne sont pas gâtés dans la maison francophone commune qu’on leur destine. Ils y perdent leur chambre et, alors que tous les autres se voient offrir un espace propre, ils se voient priés de partager leur pièce avec leurs homologues bruxellois qui, eux, conservent par ailleurs leur propre demeure » C’est joliment dit et cela reflète exactement ce que l’on peut ressentir à la lecture d’ « un projet qui sent furieusement la fusion- absorption de la Région wallonne par la Communauté française ». Suit l’énumération des propositions Uytendaele qui, conclut Van Cau, convergent pour la suppression de la Région wallonne. Et l’auteur demande : « Pourquoi supprimer une institution qui fonctionne – avec ses faiblesses sans doute – mais qui est la base d’un projet de développement et d’une stratégie de redressement fédératrice et qui porte ses fruits ? …. Parce que la Wallonie et Bruxelles ont tout à gagner de travailler en commun ? Comme si la collaboration était liée à l’unification institutionnelle et non à une volonté forte d’agir ensemble dans le cadre d’un partenariat gagnant- gagnant. …. Un tel rapprochement durable et mutuellement profitable ne peut se faire que de manière équitable, entre deux Régions sur pied d’égalité » Dans une « carte blanche » intitulée « Bye Bye Wallonie ? » du « Soir » du 19 février, Jean-Claude Vandermeeren, alors encore secrétaire général de la FGTB wallonne, se livre, lui aussi, à la critique de la note Uytendaele, agrémentée de remarques plus générales : « Dans la bouche des responsables politiques, la Wallonie semble éteinte. Morte ? Ils lui ont substitué un concept hérité, celui d’une langue maternelle. Nous ne serions plus que francophones ? Et,pour comble, s’affirmer sans complexe Wallon résonnerait aujourd’hui comme une rupture de solidarité, comme un repli, un égoïsme ! …. Les Wallons et les Bruxellois, en défendant un fédéralisme construit au départ des Régions, gagneraient à voir leurs intérêts défendus dans une négociation à trois plutôt que dans un dialogue de communauté à communauté …. Me Uytendaele défend au contraire un concept sympathique de « citoyenneté culturelle » qui serait en réalité le trait d’union entre ces francophones. Cette fausse « bonne idée (….) a pour conséquence de continuer à priver la Wallonie d’un enseignement ancré sur ses réalités économiques, sur son histoire sociale et sur un projet d’avenir propre. Ainsi que d’une culture enracinée de la même manière ». Enseignement, culture… voilà bien des éléments clefs pour l’avenir de la Wallonie. Le fait qu’elle en ait été dépossédée au bénéfice d’une institution sans base réelle, sans reconnaissance populaire, purement artificielle, dénommée « Communauté française », a été dénoncé sans relâche par tout qui voulait une Wallonie disposant des moyens de bâtir elle-même son destin. Et, en particulier, par le Mouvement du Manifeste wallon dont on ne peut qu’admirer la lucidité et l’opiniâtreté avec laquelle il a mené ce combat. Un combat qui semble bien avoir pris un élan décisif, avec le renfort de poids que vient de lui apporter, aux côtés des « régionalistes » réputés ringards, le ministre Jean-Claude Marcourt. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 03/06/2008 @ 08:45
Dernière modification : 03/06/2008 @ 08:54
Catégorie : 2008
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