| Envoi N° 165 du 28/04/2008 L’offensive des Régions (2) De Jean Louvet à Jean Claude Marcourt : une vision politique cohérente Dans notre dernière « Réflexion » concernant « L’offensive des Régions », nous mettions face à face, d’une part, une opinion fort répandue et synthétisée dans le quotidien « Le Soir » du 5 avril sur l’ « atonie » des régionalistes wallons, et, d’autre part, la vigoureuse et inattendue prise de position, le 9 avril, du ministre wallon Jean-Claude Marcourt pour la primauté à reconnaître aux Régions dans l’Etat fédéral. Suivie de la déclaration commune des ministres- présidents respectivement de la Région bruxelloise, Charles Picqué et de la Région wallonne, Rudy Demotte, allant dans le même sens. Nous pensons qu’il faut rétablir la vérité historique. Et préciser, aussi, ce qu’il faut entendre par « régionalistes wallons ». Pendant des années, la politique de l’autruche a prévalu en Wallonie à l’égard de l’avenir de la Belgique. « On » ne voulait pas voir ni entendre l’évolution qui se précisait en Flandre, à savoir une aspiration de plus en plus profonde à l’autonomie absolue, sinon à l’indépendance. Les chantres de l’angélisme n’en finissaient pas de déclarer que les partisans flamands d’une Flandre encline à décider seule de son devenir n’étaient que des extrémistes ultra minoritaires. Même lorsqu’il est apparu, dans les chiffres, que cette « minorité » s’élargissait, d’un scrutin électoral à l’autre, vers la quasi moitié des citoyennes et citoyens du Nord du pays. Quelques voix, dont la nôtre, ont tenté de mettre en garde contre cette myopie. Et ont cherché à inciter le monde politique wallon, dans son ensemble, à préparer ce qui allait devenir l’après Belgique. Il a fallu l’émission de décembre 2006 de la RTBf, sur la fiction d’une séparation brutale du royaume, pour qu’un électrochoc se produise. Depuis, enfin, « on »s’est préoccupé, dans une fébrilité proche de l’affolement, de ce qui pourrait se passer en cas de scission du pays. Dès le début de l’année dernière, 2 personnalités de l’Institut Jules Destrée émirent une proposition des plus simples. Tout en gardant une structure fédérale, et en plein accord avec la Constitution, ils proposaient que soient définies 4 Régions aux prérogatives extrêmement larges, excluant la notion de « communautés » : 3 Régions unilingues, flamande, germanophone, wallonne, une Région bilingue, Bruxelles. Nous y avons fait écho. Mais les médias et le monde politique ont superbement ignoré ce schéma, jugé simpliste, sans doute. Et, tout au long de 2007, nous avons vu fleurir une série d’élucubrations tarabiscotées pour une réforme institutionnelle devant préserver l’Etat fédéral. Le nœud du problème se situant à Bruxelles, avec, reconnaissons-le, une raison majeure : le sort des 100.000 francophones habitant en périphérie. Dans ce foisonnementde « trouvailles » d’une nouvelle architecture fédérale, la Wallonie a progressivement disparu des préoccupations politiques. Il n’a plus été question que de « francophones », jusqu’à l’abracadabrante conception d’une « nation francophone »…. ! Le point d’orgue de cette avalanche d’avis péremptoires, alambiqués, parfois baignant dans une confusion délirante, a été atteint par la note de Marc Uytendael à la Commission Wallonie- Bruxelles, laquelle, prétendument composée de « sages », venait d’être chargée d’étudier, en toute sérénité, comment imaginer une réforme de l’Etat viable à long terme. Et cela, dans le cadre de la « Communauté française »… ce qui indiquait, d’office une orientation précise de négation des originalités wallonne et bruxelloise. Cette « note Uytendael » était, et reste, un monument de mépris à l’égard de la Wallonie et de ses habitants. Mais l’éminent constitutionnaliste bénéficie d’un tel prestige auprès des médias et des partis politiques qu’ « on » lui réserva un accueil fort respectueux. Alors que ce monsieur, dans son échafaudage tortueux de nouvelles structures fédérales, SUPPRIME tout simplement la Wallonie en tant qu’entité autonome. Immédiatement, des réactions énergiques se manifestèrent en Wallonie. Mais, curieusement, les analystes et commentateurs politiques se gardèrent bien d’en faire mention, sauf sous forme de communiqués de quelques lignes, condescendants. Nous citerons, dans un prochain article, quelques-unes de ces prises de position, confortées, il faut le dire, par la montée au front de « régionalistes » bruxellois attachés, eux aussi, à la reconnaissance de leur Région multiculturelle. Du Mouvement du Manifeste Wallon de Jean Louvet, aux propos de Jean Claude Marcourt, il y a une ligne directrice cohérente et… réjouissante. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 03/06/2008 @ 08:44
Dernière modification : 03/06/2008 @ 08:52
Catégorie : 2008
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