| Envoi N° 161 du 28/01/2008 L’avenir de la Belgique à court, moyen et long termes (10) Une frontière d’Etat ? Maintenant, on sait…. « De Gucht : La frontière linguistique est une frontière d’Etat. C’est la vision depuis les années 60. Et c’est le point de vue de tous les partis flamands. Si on remet cela en question, on est parti pour la gloire ». Nous avons eu un bref moment d’émotion : en lisant la page 3 du « Soir » de ce samedi 26 janvier 2008, nous avions anticipé les derniers mots de cette tirade et nous nous attendions à ce que la fin en soit : « on est parti pour la guerre ». A la réflexion, c’est peut-être bien cela qu’il voulait dire, Karel De Gucht, vous ne pensez pas ? Remarquables, ces 2 pages du « Soir » consacrées à l’interview de 2 ministres du gouvernement fédéral , qui y représentent l’Open VlD, le parti du 1er ministre Verhofstadt. Pas des petites pointures, Karel De Gucht et Patrick Dewael. Pas des Dewinter du Vlaams Belang, ni des Bart de Wever, de la N-VA, pas non plus un De Decker de sa propre liste. Pas des excités, des illuminés, des extrémistes flamingants séparatistes. Non, des messieurs très bien, fréquentables et fréquentés, sans doute aussi respectables et respectés. Mais alors, quelle dégelée, mes bons amis ! Ils en ont pris pour leur grade, ces Wallons qui, non contents d’être intellectuellement incapables d’apprendre le néerlandais, ne sont pas même fichus de comprendreque les partis flamands en ont marre d’attendre et qu’au 23 mars, au plus tard, faudra quand même bien passer la Belgique à la moulinette du confédéralisme. Avant-dernière étape vers autre chose. Mais ça, ils ne l’ont pas dit. Non, grands dieux, ils ne veulent pas l’éclatement de la Belgique ! Vous les prenez pour qui, vous les Wallons ignares et indolents? La suite est captivante. Les journalistes du « Soir », Martine Dubuisson et Michelle Lamensch ne ratent pas leur coup : « Quand vous parlez de frontière d’Etat, c’est comme s’il y avait déjà deux Etats dans ce pays ? » La réponse de De Gucht est faux-cul ou pitoyable, au choix : « Mais non ! Depuis 1963 cette frontière est définitive. Mais il ne faut pas en déduire, comme vous semblez le faire, qu’il y a deux Etats. Il s’agit des Etats fédérés au sein de la Belgique » Une fois de plus, donc, les deux journalistes n’ont rien compris. Il est vrai qu’elles sont, sans doute, francophones. Ce qui excuse leur intellect un rien débile. Alors essayons de nous mettre, avec les difficultés que l’on imagine, à la hauteur des discours de ces messieurs. Admettons cette entourloupette qui est de dire que, dans leur esprit, il ne s’agit pas d’Etats souverains mais d’ « Etats fédérés au sein de la Belgique ». Il est possible qu’une fois de plus, nous ayons été mal informés. Mais, à notre connaissance, il n’a jamais été question, dans l’Etat fédéral et dans sa Constitution, d’ « Etats » mais de « Régions » et de « Communautés ». Si De Gucht et Dewael transforment les Régions en Etats, il faudra bien qu’ils y incluent aussi la Région bruxelloise. Ou bien elle disparaît ? Et si la Région bruxelloise devient un Etat à la mode flamande, tous partis confondus, rappelons-le, il faudra qu’ils nous expliquent comment l’Etat flamand a installé sa capitale dans l’Etat bruxellois. C’est quand même assez sensationnel de n’avoir pas de capitale sur son propre territoire mais de l’avoir dans l’Etat voisin. Le monde entier nous envierait cette particularité pour le moins étonnante. Le meilleur est à venir… Les deux journalistes insistent : « L’expression frontière d’Etat esttout de même lourde de sens. Si vous franchissez une telle frontière, vous êtes à l’étranger… » De Gucht, pas très à l’aise, se contente d’une dénégation : « Mais non ! » C’est limité, comme argument. Dewael, lui, fonce et s’enferre : « Nous vivons en Europe. J’habite Tongres, je franchis la frontière à Maastricht. Pour moi cela n’a aucune importance » On est loin d’Etats fédérés au sein de la Belgique. Les journalistes, futées les filles, plongent dans l’ouverture : « Vous êtes alors dans un autre pays… » Le Dewael essaie de s’en sortir par un piteux : « Mais les frontières s’estompent. Nous faisons une réforme de l’Etat dans un contexte européen » Un contexte européen où l’on n’a pas encore aboli les frontières des Etats ni leur souveraineté. Allons, on a compris, malgré nos évidentes déficiences cérébrales. Vous l’aurez, votre Etat confédéral, comme moyen terme. Tout le monde s’en est fait une raison. De toute manière, une bonne partie de la population n’y verra aucune différence. Et, ensuite, vous la prendrez votre indépendance. Quant à nous Wallons, de même que nos amis Bruxellois, nous commençons à nous familiariser avec cette perspective et à envisager la façon de construire notre propre avenir. Et croyez-nous, Messieurs les Ministres Open VLD du Gouvernement fédéral : cela ne nous empêche et ne nous empêchera pas de dormir. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 02/03/2008 @ 09:13
Dernière modification : 02/03/2008 @ 09:13
Catégorie : 2008
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