| Envoi 159 du 11/01/2008 L’avenir de la Belgique, à court, moyen et long termes (8) Toi, t’es un vrai pote, Guy ! On vient de te voir à la TV, ce jeudi soir. Eh bien, Guy, le Sarkozy, à côté de toi, c’est de la lapette comparée à une Chimay Bleue. Toi t’as pas besoin d’une nana top bazar pour te ramener à un bon score des sondages. Tu rigoles, t’as un peu le style soigneusement débraillé (onparle de la chemise..), t’as pas vraiment l’air de te prendre au sérieux… et ça, tu vois, les gars qui ne donnent pas l’impression de se gonfler le cou et qui savent rire comme on rit quand on est content et pas parce qu’on veut montrer de blanches dents traitées à la chimie, on aime ça, à Marchienne-Docherie, à Seraing, à Ploegstert, à Messancy, à Seneffe, à Ermeton-s-Biert. On t’aime bien, Guy. Attention, quand même : ça ne veut pas dire que ce que tu dis et écris, c’est considéré par nous, Wallons, comme les Tables de la Loi. Tu n’es pas Moïse, nous ne sommes pas Hébreux, et nous n’avons nul besoin d’une Terre promise. Nous avons la nôtre et elle nous convient très bien. En son centre, il y a Namur. Tu connais ? Un de tes avantages médiatiques, Guy, c’est que tu fais du vélo. Les sportifs et les écolos se pâment, le reste des citoyens trouvent ça vraiment sympa, autre chose que les yachts que le président d’à côté emprunte à l’un ou l’autre de ses copains milliardaires. En plus, dès que la politique te laisse deux jours et demi de liberté, tu fonces en Toscane (si nous nous trompons de région, c’est pas grave..) pour veiller au bon entretien de tes vignobles. Et tu picoles, bien sûr, le soleil dans la carafe. Tu as tout pour plaire, au Sud de la Belgique, Guy. Et tu plais. Alors, tu vois, c’est comme ça que l’Histoire se construit. Nous nous expliquons. La « note » que tu as transmise à sa Majesté Albert le deuxième, tu vois de quoi nous parlons ? Si Bart De Dewer, le brutal, ou même Yves Leterme, le nul, l’avaient présentée, ils se seraient fait descendre au lance-flammes chez ce qu’on appelle les « Francophones ». Ah, oui, à propos, Guy, toi qui es un peu plus fûté que les autres, tu pourrais pas leur dire qu’il y a des Bruxellois et des Wallons, et pas des « Francophones » ? Sinon, où vont-ils pouvoir se situer les amis de Saint-Vith et d’Eupen. Réfléchis-y… Revenons à ta note. Dix-huit pages, bien tassées. Pas du François Villon, ni du Baudelaire, pas même du Sartre ou du Bernanos. Du « spès », de l’épais comme on dit chez nous, dudifficile à déchiqueter, à avaler et à digérer. Bon, mais on sait bien qu’un truc de ce genre là ne s’écrit pas comme les « Fleurs du Mal ». Nous n’allons pas, dans ce billet, entrer dans le détail de la monumentale énumération des matières que tu désignes comme devant disparaître des compétences de l’Etat fédéral. Mais, à la simple lecture, on a vite compris que l’arbre Belgique, après ton exercice d’élagage, restera avec une cime ridicule, comprenant la Défense nationale, des restes d’Affaires étrangères, des brimborions d’autres brols. Et la Monarchie, on allait l’oublier. Ah ! La Monarchie, ciment de l’Etat Belgique ! Dont peu de monde s’apercevrait de la disparition, sauf les enfants des écoles primaires bruxelloises. Alors, comprends-nous, Guy. On n’est pas plus idiots que d’autres, même si, selon les termes employés par le bonhomme que tu vas installer comme premier ministre le 23 mars, notre quotient intellectuel ne nous permet pas de parler néerlandais. La note que tu as présentée à sa Majesté, l’autre jour, ce n’est pas un document émanant d’un Premier ministre-intérimaire ou définitif. C’est un cahier de revendications ou, plutôt, d’exigences flamandes dont l’acceptation aboutirait à réduire l’Etat Belgique à… eh bien, à RIEN ! On ne t’en veut pas, Guy. Dans le rabiot de pouvoir que tu as accepté d’assumer, tu en as eu marre de jouer le rôle vertueux de l’homme politique « assexué », au-dessus des clivages communautaires. Tu as joué franc-jeu, tu t’es présenté comme un responsable flamand d’envergure précisant les volontés de la Flandre. Finie, l’hypocrisie. Moi, Guy Verhofstadt, Flamand et fier de l’être, je vous informe de ce que veut et obtiendra la Flandre. Si ça ne vous plaît pas, adieu ! Nous t’en remercions. Au moins, c’est un langage courageux, sans fard. Les Bruxellois et les Wallons, grâce à ton honnêteté, n’ont plus aucune excuse pour retarder le moment où, eux-mêmes, échafauderont leurs propres projets d’après-Belgique. Un grand merci, Guy. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 11/01/2008 @ 11:44
Dernière modification : 11/01/2008 @ 11:45
Catégorie : 2008
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