| Envoi N° 155 du 07/12/2007 L’avenir de la Belgique à court, moyen et long termes (4) Elucubrations…. Le trio gagnant : Justine, Arno, Kroll La pluie fouette les fenêtres, avec vigueur. Là, en face, les bouleaux et les peupliers, pourtant dégarnis de tout feuillage, ploient sous les assauts de la bourrasque. Le chat noir s’est pointé sur l’appui de fenêtre, a reçu son bout de lard et s’en est encouru, vite fait,sous son abri secret, quelque part, là-bas où personne n’ira le chercher. Le ciel a adopté sa teinte de plomb pour bien faire comprendre que c’est l’automne et que l’hiver est là, tout près. Au-dessus de la porte, accrochée à un clou, une branche de gui oscille légèrement à l’entrée ou à la sortie de tout visiteur. « Elle vous portera bonheur toute l’année, à vous et à vos amis qui passeront en dessous » a dit la dame qui l’a vendue. Elle dit ça chaque année. Et il en passe, en quelques semaines, des têtes blondes ou rases, bouclées ou chauves, sous le gui de la porte d’entrée. Le gui ? Flash, déclic, éclair dans la grisaille… Il y en a un autre de Guy, qu’un monarque désemparé, à bout d’informateurs, d’explorateurs, etc… a empêché de rejoindre sa chère Toscane, son Valpocilla bien frais (à moins que ce soit du Barollo, nous n’en savons rien..), pour se mettre, comme on dit, « au service de la Nation ». Pauvre brave Guy, tellement sympa avec son air de collégien un peu ahuri, parfois, ou bien, à d’autres moments, l’allure du monsieur bien de sa personne, le verbe facile, le sourire pleines dents, les lunettes étincelantes. Et la cravate, sauf quand il enfourche sa bécane. On le prendrait presque pour un pote avec qui on enfilerait bien un pèkèt ou deux. Même que lui, on ne l’a jamais entendu traiter les Wallons de fainéants, ce qui, quand même, est un critère sérieux. Et le voilà investi royalement d’une tâche qui contrarie furieusement son calendrier de fin d’année. Il a quand même pris la précaution de préciser 2 ou 3 trucs : je veux bien écouter quelques-uns des bonshommes et quelques-unes des dames qui n’arrêtent pas d’être consultés, de se réunir, de conclure des accords, de renier les mêmes accords, de s’engueuler comme des chiffonniers, de s’égosiller dans des conférences de presse et des interviews à répétition. Mais pas question de chercher à les mettre d’accord pour constituer un gouvernement. Un boulot de dépanneur vite fait. Après quoi, basta ! Il va quand même pas faire en 3 jours ce qu’une procession d’autres n’ont pas réussi à concocter en 6 mois ! Non mais… N’empêche, il a quand même bien dû s’y coller le Guy. Avant la Noël et le Nouvel An. Faut une fameuse dose d’abnégation… Alors nous, on a pensé qu’on pouvait peut-être lui donner un coup de main, à Verhofstadt. C’est pas qu’on soit tellement dans les petits papiers du monde politique. On y connaît ce que tout le monde peut connaître en lisant les gazettes, en écoutant « Vivacité ». La TV c’est pas la peine : quand t’as tout vu t’as rien appris. Donc, sans jouer les conseilleurs qui, comme chacun sait, ne sont jamais les payeurs, on a pensé suggérer au grand Guy bleu (c’est pas plus idiot que l’orange de la même couleur) de passer à une autre façon d’envisager la formation de ce gouvernement introuvable. On n’arrête pas de parler de la « société civile ». On ne sait pas trop bien ce que c’est : civil, c’est le contraire de militaire. Bon, ce n’est donc pas Flahaut. Mais Onkelinckx, Reynders, Di Rupo, Javaux, Leterme, De Wever, Van de Lanotte, ce ne sont pas des civils ? C’est vrai que Van Rompuy, avec la dégaine qu’il se paie, ce serait bien un adjudant-chef. Mais les autres ? Enfin, si le vocabulaire du 21ème siècle, dit que « civil » c’est ce qui n’est pas « politique », on ne va pas intenter un procès à l’Académie française. Donc, voilà ce qu’on a imaginé pour sortir Guy de l’embarras : qu’il arrête de voir toutes ce personnes qui n’en finissent pas d’aller au resto pour constater leurs désaccords, qu’il invite des gens sérieux, des gens que les gens connaissent et apprécient. A vrai dire l’idée nous est venue ces derniers jours en entendant des conversations, pas seulement de bistrots, ou l’une ou l’autre émission de radio. A chaque fois, en terme de conclusion, il y avait toujours bien un loustic qui mettait tout le monde d’accord avec cette interjection péremptoire ; « Heureusement qu’il y a Justine ! », la version wallonne étant identique « A co bin qui nos avans Justine ! ». La voilà, la solution ! Nous avons réfléchi aux candidates et candidats possibles. Et nous avons pensé que le trio gagnant, ce pourrait être – mais ce n’est qu’une humble suggestion : Justine pour le Sud, bien sûr, Arno, pour le Nord, Pierre Kroll pour le Centre. Auxquels pourraient s’ajouter Kim Gevaerts, William Dunker, les frères Taloche (il y a bien les frères Happart….), Dirk Frimout et d’autres que nos lecteurs se feraient un plaisir de proposer. Attention : former un gouvernement, c’est une affaire sérieuse : Il faut évaluer les qualités et compétences des candidats, leur confier les ministères correspondant à leurs capacités. C’est ce que nous allons faire en une très brève ébauche de composition gouvernementale capable de satisfaire une majorité de la population. D’après nous, le 1er ministre ne pourrait être que Pierre Kroll. C’est un expert. Chaque jour, dans« Le Soir » il fait le plein de lectrices et de lecteurs. Les femmes et les hommes politiques, il les connaît sur le bout de son crayon. Il se permet même de les croquer. Il vous explique la situation politique sur un coin de page et c’est bien plus clair qu’un JT. Surtout, on se marre. Alors parvenir à faire rire avec des personnages pas vraiment comiques, cela tient du génie. On aurait pu penser à Justine pour ce poste de « Premier ». Mais elle est déjà et depuis belle lurette, Première mondiale. Ce serait une sorte de dégradation. Par contre, Justine Henin, elle s’y connaît en matière de relations internationales. Parlez-lui des USA, de l’Australie, de la Chine, des Emirats, de la Russie, de Wimbledon, de l’Espagne, de la Grèce, elle en a foulé les aérodromes et connu les hôtels au cours de ses pérégrinations multiples. Et elle en ramène toujours de l’or – enfin, presque toujours parce que le gazon anglais lui fait de méchants crocs en jambes. En plus, les Français l’aiment bien, ce qui est exceptionnel. On la verrait donc bien aux Affaires étrangères. Pour Arno, eh bien nous pensons au ministère de l’Intérieur. Déjà qu’il a un contact privilégié avec « Les filles de bord de mer ». Un atout majeur. Même que si les filles se retrouvent aux Lacs de l’Eau d’Heure, à l’Ile d’Yvoir, au barrage de la Gileppe ou à Aqualibi, elles sont toujours ravissantes et formeraient un intéressant fan club, bien fourni. Et Arno, c’est lui qui le dit, il est pour une approche « en douceur et profondeur ». C’est rassurant. Et ça nous changerait pour un chef des flics. Pour le reste il faut voir, opérer une sélection. Comme ministre des Finances, nous avons une proposition sérieuse, en toute humilité. Notre ami Charles Massaux, trésorier de « Vivre en Wallonie » nous paraît un candidat idéal. Pour ses compétences supposées en la matière, certes. Mais, ensuite, à Wépion, il est quasi voisin de Justine, quand elle vient humer les parfums mosans. Et enfin, atout suprême, il a déjà remporté, à 3 reprises, le concours du « Roi des menteurs », qu’organise chaque année, à Namur, la société Moncrabeau. Si ça ce n’est pas une référence… Pour William Dunker, disons… la Défense nationale, tiens. Avec une attention particulière pour les mess et autres cantines de casernes où l’on serait certain de trouver des bonnes boissons « d’èmon nos’ôtes » du genre Trappiste de Chimay et pèkèts de toutes marques. Et comme on n’est jamais à l’abri d’un passage par un gouvernement en « affaires courantes », il faudrait garder précieusement en réserve Tom Boonen, Kim Gevaerts et François Duval. Des spécialistes pour ce qui est de courir. Arrêtons-là. Nous espérons avoir apporté notre petite pierre à l’édifice branlant de la Belgique d’après-midi. Et nous convions chacune et chacun à faire preuve d’imagination pour aider l’ami Guy. La fois prochaine, nous reviendrons, hélas, à un style nettement moins farfelu. Nous nous hasarderons à aborder le sac de nœuds le plus inextricable de notre Histoire. Vous avez compris qu’il s’agit de BHV. Et là, finis les « Rêves d’une nuit d’automne ». C’est du costaud, du parano, du grincement de dents, des coups de griffe. Enfin, nous ferons ce que nous pourrons, même si c’est pas grand chose. « Vivre en Wallonie » ASBL
Date de création : 11/12/2007 @ 10:36
Dernière modification : 08/01/2008 @ 16:49
Catégorie : 2007
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